‹ Don Carlos et Philippe II (volume 5)Chapitre 12 sur 170 · CHAPITRE II. il · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. il

Agustino Cazalla. — Découverte, par l'inquisition , d'un foyer de luthéranisme à Valladolid ; arrestation des affiliés à la nouvelle secte ; poursuites dirigées contre eux. — Indignation et colère de Charles- Quint, en apprenant que le luthéranisme a pénétré dans la Castille : il écrit lettres sur lettres pour que les hérétiques soient châtiés exemplairement; il envoie Quijada à Valladolid; il fait des recommandations expresses à son fils dans son codicille. — A uto-da-fé célébré à Valladolid, en présence de doua Juana et de don Carlos : serment que la princesse et le prince prêtent entre les mains des inquisiteurs. — Assertion de Llorente à ce sujet, dénuée de preuves.

Usé par les fatigues et les maladies, las des grandeurs dont quarante années d'exercice du pouvoir suprême l'avaient rassasié, Charles-Quint avait pris la résolution de descendre du trône, pour passer le reste de ses jours dans la retraite et la solitude d'un cloître, au fond de l'Estrémadure. Le 25 octobre 1555, en présence des états généraux des Pays-Bas assemblés au palais de Bruxelles, il céda à son fils la souveraineté de ces provinces; le 16 janvier suivant, il abdiqua les couronnes de Castille, d'Aragon et de Sicile (*) : il possédait encore, à titre héréditaire, le comté de Bourgogne ; il le transmit au roi Philippe le 10 juin 1556 ( ? ). Des considérations politiques d'une haute importance lui firent différer jusqu'au mois de février 15581a résignation de la dignité impériale.

Les actes de renonciation de Charles-Quint aux

(') Retraite et mort de Charles-Quint au monastère de Yuste, Introduction, p. Hi.

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royaumes d'Espagne parvinrent à Valladolid vers le milieu du mois de mars : la princesse dofia Juana, dont son frère venait de confirmer les pouvoirs, prit incontinent les mesures nécessaires pour faire proclamer le nouveau souverain. Le 28 mars, à trois heures de l'après-midi, don Carlos (') partit du palais de Valladolid, précédé de deux rois d'armes, et accompagné de don Duarte de Almeida, ambassadeur de Portugal, de l'évêque don Antonio de Fonseca, président du conseil de Castille, de l'évêque de Lugo, du duc de Sesa, de l'amiral des Indes, du marquis de Mondejar, du comte de Tend i lia, son fils, du comte de Buendia, du comte de Gelves , de plusieurs autres gentilshommes, et des membres du conseil de Castille, de la chancellerie et de la contaduria mayor ; il se rendit sur la place, où avait été dressée une estrade au centre de laquelle était un dais de brocart d'une grande richesse. Il s'assit sous ce dais, et fit placer, à sa gauche, sur l'estrade, l'ambassadeur de Portugal : les prélats, les grands, le conseil, la chancellerie, la contaduria mayor se rangèrent tout autour, debout; les deux rois d'armes avec deux massiers étaient devant. Le magistrat et le conseil de la ville arrivèrent peu d'instants après ; ils apportaient l'étendard de Castille. Don Carlos se leva ; il fil déployer l'étendard , et le prenant en mains, avec l'aide de don Antonio de Rojas,

(i) Dona Juana écrivait au roi le 26 mars : « Ha parescido que el « principe mi sobrino, con los consejos y la villa , se balle en el auto « que desto se biziere, y sea el que levantareel pendon. » (Arcbives de Simancas, Estado, leg. 442.)

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