CHAPITRE X
trines de Calvin Ç). Ces prédicateurs eurent assez de succès pour que, déjà à la fin de 1561, le gouvernement se vît obligé de proscrire un livret où l'on réclamait la même confession que les sectateurs du réformateur genevois venaient de présenter au roi de France ( 2 ).
Ce fut surtout à Valenciennes et à Tournay que le calvinisme fit des prosélytes. Les manifestations auxquelles il donna lieu dans ces deux villes, les désordres qu'il y occasionna (*), mirent le gouvernement dans la nécessité d'y envoyer des troupes et des commissaires investis de pouvoirs extraordinaires. Les mesures énergiques qui furent adoptées y rétablirent l'autorité de la loi, mais n'extirpèrent point les semences que les opinions nouvelles y avaient déposées.
Celles-ci s'étaient de même répandues, avec une merveilleuse rapidité , dans la châtellenie de Lille ( 4 )
(') Lo 44 mai 4563, le marquis de Berghes mandait à la duchesse de Parme : « Cesle esmotion qui est venue à Valenciennes et à Tournay, « n'est sortie qu'à l'occasion de certains prédicans nouveaulx que a des- « péché l'admirai de France exprès à nous troubler nostre peuple.... » (Archives du royaume.)
( 2 ) Circulaire aux conseils de justice et aux officiers royaux , du 4 novembre 4561 . (Ibid.)
( 3 ) En 4561, 4562 et 4563. Voir, aux Archives du royaume, la correspondance du gouvernement avec le marquis de Berghes, le baron de Montigny, les officiers royaux et les magistrats, à Valenciennes et à Tournay, et les commissaires envoyés sur les lieux.
(*) « Diverses assemblées des héréticques se sont faites depuis les Pasques en la chastellenie de Lille, dont, entre autres, les aucunes ont esté de plus de cinq cens, les aultres de plus de xn« ou xim» personnes, sans diverses aultres assemblées de ung cent, deux ou me et en dessoubz, èsquelles plus grandes assemblées preseboit ung gentilhomme de -France duquel n'avons sceu attaindre le nom, soy faisant partout
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et dans la basse Flandre, particulièrement à Armentièrcs, à Bergues-Saint-Winnoc, à Hondschote, où de nombreuses manufactures entretenaient une population ouvrière considérable ( ] ). Elles avaient pénétré, par Metz et Thionville, jusque dans le quartier wallon du Luxembourg, où toutefois elles ne parvinrent pas à prendre racine ( 2 ).
Le luthéranisme avait de bonne heure envahi les Pays-Bas, et les actes de rigueur exercés par l'archiduchesse Marguerite, tante de Charles-Quint, contre la communauté des augustins d'Anvers et la corporation des tapissiers de Bruxelles ( 3 ), n'en avaient pas arrêté la propagation. Les relations commerciales de ces pays avec l'Allemagne, le séjour qu'y firent, pendant les guerres contre la France, les troupes allemandes qui pratiquaient la religion réformée, contribuèrent nécessairement à ce qu'elle s'y développât. Les provinces du nord étaient celles où la confession d'Augs-
nommer monsieur, sans plus. » (Lettre de l'inquisiteur Titelmans à la duchesse de Parme, du 3 décembre 4563, aux Archives du royaume.)
(') Les commissaires envoyés par le conseil de Flandre dans la Flandre occidentale lui écrivaient, de Hondschote, le 28 mars 4561 (4562, d. st.) : «Semble que ce mal s'est largement espars en ce quartier « et ailleurs. Les fugitifz et banniz de Baillœul, ensemble les entachez « desaultres lieux, se sont en grand nombre fourrez audit Hondschote, « pour y cuider estreincognuz, à cause qu'il y a si grande multitude de « gens, que Ton estime bien porter à xvm ou xx» testes en tout. » (Ihid .)
(*) Mémoire de frère Barthélémy Balan,cordelier. du 5 septembre 4564; lettre du conseil de Luxembourg à la duchesse de Parme, du 6 septembre; lettres de la duchesse au conseil et au seigneur de Schauwembourg, du 4B septembre. (Ibid.)
( 3 ) Correspondance de Guillaume le Taciturne, t. IL p. xxxi. — Correspondance de Philippe 11, etc., t. II, p. lu.