CHAPITRE II
personnes, Franciseo de Vibero Cazalla, frère du docteur de ce nom, curé de Hormigos en l'évèché de Palencia, et le bachelier Antonio Herrezuelo, avocat à Toro, furent brûlées vives. Agustino Cazalla, ayant abjure ses opinions, mourut par le garrote (*); son cadavre seul fut livré aux flammes. H en fut de même d'Alonso Perez, prêtre de Palencia, docteur en théologie,' de don Cristoval de Ocampo, de Zamora, aumônier du grand prieur de Castille et Ldon, de Crisloval de Padilla, de Juan Garcia, orfèvre à Valladolid, du licencié Percz de Herrera, de Gonzalo Baez, portugais, et de cinq femmes parmi lesquelles étaient doîïa Beatriz Vibero Cazalla, sœur de Francisco et d'Agustino, et doua Catalina de Ortega, veuve du commandeur Loaysa. On plaça, en outre, sur le bûcher, le cadavre et l'effigie d'une sixième femme, doîia Leonor de Vibero, mère des Cazalla, morte
placée au côté droit de l'autel, pour adressera l'assistance un sermon dit de foi. Ce sermon terminé, un des secrétaires de l'inquisition, ou, selon les circonstances, un personnage plus considérable, lisait à genoux la protestation de foi, que tous répétaient. Ensuite les autres secrétaires, que secondaient parfois quelques-uns des ecclésiastiques présents, donnaient lecture des sentences des condamnés.
* Les sentences lues, les inquisiteurs livraient ceux qui devaient périr par le feu à la justice royale. Pendant que ceux qui avaient témoigné leur repentir avant Tauto-da-fé abjuraient leurs erreurs, les impénitents étaient conduits, sur des juments, au quemadero (lieu du bûcher), ordinairement choisi hors de la ville, sous la garde d'alguazils et d'autres ministres de justice. Des moines les entouraient, pour les exhorter à se convertir. Ceux qui, avant d'être livrés aux flammes, se confessaient, souffraient le supplice du garrote, et leurs cadavres seuls étaient brûlés. » (Historia de los prolestantes espa fioles, pp. 457-160.)
(') Collier de fer, au moyen duquel on étranglait les criminels. Cet instrument de supplice est encore aujourd'hui usité en Espagne.
depuis plusieurs années, et qui fut exhumée du monastère de Saint-Benoît le Royal. Seize autres condamnés furent admis à la réconciliation , c'està-dire notés d'infamie, privés de leurs titres et de leurs biens, et ramenés, couverts de l'ignominieux sanbenito (*), à la prison, où ils devaient pour la plupart demeurer enfermés le reste de leurs jours : on comptait, dans ce nombre, don Pedro Sarmiento de Rojas, don Luis de Rojas, doîïa Mencia de Figueroa, doîïa Àna Henriquez dé Rojas, doîia Maria de Rojas, sœur de la marquise d'Aleaînces et fille du premier marquis de Poza, don Juan de Ulloa Pcreira, commandeur de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, fils et frère des seigneurs de la Mota, doîia Costanza de Vibero Cazalla, sœur d'Àgustino, don* Juan de Vibero Cazalla, son frère, doîia Juana Silva de Ribera, femme de ce dernier, doîia Francisca Zûîiiga de Raeza, béate de Valladolid, etc.
Avant qu'il fût donné lecture des sentences de condamnation, et lorsque le célèbre Melchior Cano, évêque démissionnaire des Canaries , eut prêché le sermon sur la foi, don Francisco Baca, inquisiteur de Valladolid, s'avançant vers l'estrade qu'occupait la cour, demanda au prince don Carlos et à la princesse doîia Juana de jurer, non-seulement qu'ils soutiendraient et favoriseraient toujours le saint-office, mais encore qu'ils lui révéleraient tout ce qui serait dit et
(') C'était un scapulaire de drap jaune. Il y en avait de plusieurs sortes, selon les diverses classes des condamnés. (Voy. Llorente, Hist, de V inquisition, etc., t. I, pp. 326 et suiv.)
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fait contre la religion catholique, et dont ils acquerraient la connaissance. Don Carlos et dona Juana satisfirent à cette étrange réquisition ( ! ). LIorente assure que, dès lors, don Carlos voua à l'inquisition une haine implacable; mais il n'administre aucune preuve à l'appui de cette assertion ( 2 ).
I 1 ) Histoire de l'inquisition, etc. , t. II , pp. 220-234. — Bistoria de los protestantes espanoles, par Adolfo de Castro, pp. 460-475. p) Histoire de l'inquisition, etc., t. H, p. 234.