CHAPITRE III
y avait, pour la préséance, entre les villes de Tolède et de Burgos, se renouvela à cette occasion ; la dernière obtint gain de cause, mais sans préjudice au droit que pouvait avoir sa rivale. Le comte d'Oropesa, don Garcia de Tolède, gouverneur du prince, les maîtres d'hôtel du roi, le marquis de Mondejar, jurèrent à leur tour. Le duc d'Albe , qui avait présidé à la solennité, le bâton à l'épaule, en qualité de grand maître de la maison du roi, se présenta le dernier : comme il oubliait d'aller baiser la main du prince, don Carlos le lui fit sentir par un regard plein de mécontentement; il s'aperçut de son inadvertance et vint s'en excuser; le prince l'embrassa. L'archevêque de Sévillc reçut le serment du cardinal de Burgos. Don Carlos jura, entre les mains de don Juan d'Autriche, de garder les fueros et les lois des royaumes de Castille et de Léon, de maintenir ces royaumes en paix et justice , de défendre la foi catholique de sa personne et de tous ses moyens.
Il était trois heures, quand la famille royale rentra au palais, où elle reçut les félicitations des ambassadeurs étrangers (').
a prélatz, les grands, tous l'ung après l'aultre, jurer et faire l'bom- « maige, et baiser les mains au prince. » Vandenesse était présent. Il n'y avait aucune raison de dispenser les prélats du baisemain, et l'étiquette ne le. permettait pas.
(') Vandenesse, Journal des voyages de Charles-Quint et de Philippe II. — Cabrera, Felipe //,liv. V, chap. VII, pp. 246-248.