‹ Don Carlos et Philippe II (volume 5)Chapitre 34 sur 170 · CHAPITRE m. C · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. C

maîtres d'hôtel du prince. A la droite de la même table se tinrent le duc d'Albe et le comte d'Oropesa. Les quatre maîtres d'hôtel du roi, leurs bâtons en mains, se rangèrent derrière don Juan d'Autriche ( l ).

Quand tout le monde eut été placé, la messe fut célébrée ponlificalemcnt , et avec le concours des chantres et des instrumentistes de la chapelle royale, par le cardinal de Burgos. assisté des archevêques de Séville et de Grenade, des évêques d'Avila et de Pampelune.

La messe achevée , le cardinal alla occuper le fauteuil qui lui était réservé, et les autres prélats les bancs destinés à leur ordre. Le licencié Menchaca, audileur de la Câmara, donna lecture de la formule du serment à prêter par les personnages qui avaient été appelés à la cérémonie : elle portait, en substance, qu'ils recevaient don Carlos, fils unique du roi Philippe, leur naturel et légitime seigneur, pour successeur à la couronne de Castille après la mort de son père, et que, dès ce moment pour lors, ils le reconnaissaient comme leur roi et seigneur naturel , promettant de lui obéir et de le servir avec fidélité et dévouement. Puis un des rois d'armes proclama que tous eussent à se présenter dans l'ordre où ils étaient assis, sans égard au rang qui pouvait leur appartenir ( 2 ).

Le comte d'Oropesa, l'épée toujours appuyée à

(*) Vandenesse.

Ibid.

l'épaule, dit alors à la princesse doîïa Juan a que c'était à elle de faire serment la première. Dona Juana se leva, accompagnée par le roi et le prince jusqu'en dehors du dais : elle alla s'agenouiller devant le cardinal, et, la main posée sur les Evangiles, elle jura fidélité et obéissance à son neveu. Elle voulut, en revenant à sa place, baiser la main du prince; il refusa de la lui donner, et l'embrassa ('). Après elle, le licencié Menchaca appela don Juan d'Autriche, qui , n'ayant pas l'âge requis, avait obtenu des dispenses du roi ( 2 ). Don Juan , le serment prêté, fit une profonde révérence à don Carlos, et lui demanda sa main qu'il baisa, malgré la résistance du prince. Les prélats, les grands, les seigneurs de titre et les procuradores des villes vinrent ensuite , et successivement , remplir le même devoir ( 3 ) : l'ancienne dispute qu'il

( % ) Le conseil d'État avait examiné le point de savoir si la princesse devait baiser la main de don Carlos. Ayant trouvé, dans.les précédents, des exemples pour et contre, il avait conclu, en proposant au roi cet expédient : que dona Juana ferait comme si elle voulait baiser la main de son neveu, et que le prince s'en excuserait : « En lo de la seiïora « princesa se podria tomar un medio de que hiciese alguna demostra- « cion, y tambien el principe por su parte, de manera que se cumpliese « conlo necesario.... » (Lo que se tratô y platicô cerca del juramento del principe nuestro senor, en Toledo, ano 4560, Arch, de Simancas, Estado, leg. 439.)

(*) « .... Parece que por tôdos respectos se debe hàllar présente don Juan de Austria, y que jure y haga pleito bomenage, y bese la mano a Su Alteza; y por no tener edad cumplida, se supla por V. M., puniendo las causas que el derecbo dice, y metiéndolo asi en el auto.... » (Ibid.)

(") Cabrera rapporte que le prince ne voulut pas se laisser baiser la main par les prélats. Mais Vandenesse dit le contraire; il s'exprime ainsi : « Puis vindrent d'en bas de l'escbaffault où tous estoient assiz, les

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