‹ Don Carlos et Philippe II (volume 5)Chapitre 37 sur 170 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

de don Carlos. — Le roi quitte Alcala, laissant des instructions pour les obsèques de son fils au duc d'Albe et au comte de Feria. — Don Carlos est trépané. — On apporte dans sa chambre et on lui fait toucher le corps de fray Diego, religieux de Saint-François. — Soulagement instantané qu'il éprouve. — Fray Diego lui apparaît la nuit, et le rassure. — Arrivée de l'empirique de Valence; application de ses onguents, dont on n'est point satisfait ; il est congédié. — Le roi, instruit du changement inespéré qui est survenu dans l'état de son fils, revient à Alcala. — Don Carlos perd la vue. — Il la recouvre au moyen d'une opération pratiquée par le conseil de Vésale. — Le roi repart pour Madrid. — Extraction d'un os de la tète de don Carlos. — Cicatrisation de sa plaie. — S3 convalescence et son rétablissement. — 11 va rejoindre la famille royale. — Joie des Madrilènes en le revoyant. — Félicitations adressées au roi par les princes étrangers. — Lettre particulière et compliments de l'empereur à don Carlos. — Ce prince prie son père de solliciter du pape la canonisation de fray Diego.

Don Carlos dépérissait de jour en jour, consumé par la fièvre qui le dévorait depuis plus de deux années déjà , malgré tous les moyens employés pour la combattre ('). La science, à cette époque, n'avait pas à sa disposition ce précieux spécifique, le quinquina, dont la découverte ne se fit qu'un siècle plus tard ( 2 ) : les médecins conseillèrent au roi de le faire

(') « .... Se trouvant ledict pouvre prince si affligé et tant exténué, que, s'il nepert ce mal pourlout cet hiver, la plus saine et commune opinion des médecins siens est qu'il s'en va éthique et sans grande espérance de l'avenir.... » (Mémoire de l'évêque de Limoges pour Charles IX, du 5 septembre 4564 .)

( 2 ) Il fut apporté en Espagne, en 4640, par la femme du comte de Chinchon, vice-roi du Pérou ; on ne Je connut en France qu'en 4670. (Boucrardat, Manuel de matière médicale.)

changer d'air ; ils étaient d'avis que le prince fût envoyé de préférence dans quelque lieu du littoral de la Méditerranée. Philippe écrivit aux corrégidors de Gibraltar, de Malaga et de Murcie, afin de savoir : 1° si la ville où ils habitaient était propre pour la guérison de la fièvre quarte ; 2° quel était son état sanitaire , actuel et précédent; 3° s'il y régnait ou y avait régné des maladies dangereuses ou contagieuses. Les corrégidors devaient réunir les médecins de leur juridiction respective, réclamer d'eux des rapports détaillés sur ces différents points, et les lui transmettre avec la plus grande diligence ( 1 ).

Nous ne connaissons pas les réponses que firent au roi les corrégidors de Murcie et de Malaga ; mais celle du corrégidor de Gibraltar était entièrement satisfaisante ( 2 ). Philippe, à qui il en coûtait sans doute d'éloigner de lui son fils, objet encore en ce temps-là de ses affections, ne se décida pour aucune des villes que nous venons de nommer : il choisit Àlcala de Henarès, qui lui avait été recommandée aussi, se réservant d'envoyer don Carlos aux bords de la Méditerranée, si plus tard cela était jugé indispensable ( 3 ).

(*) Coleccion de documentes inédites para la histeria de Espana, etc., t. XXVII, p. 207. La lettre est du 4 3 septembre 4564.

(') Elle est dans la Coleccion de documentes inédites, etc., t. XXVII, p. 208.

( 3 ) Il écrivait au cardinal de Granvelle le 6 octobre 4564 : « .... Yo « voy previniendo todo lo necesario para la yda â Monçon al verano, « aunque en la indisposicion del principe no hay mejorfe, que viene mal « à proposito , siendo tan larga y tomândole en tal edad ; y todavïa, « porque no quede nada por provar, le embio agora â Alcala, que dizen « que es para aquel mal mejor lugar que este ; y si asï no se hallare

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