‹ Don Carlos et Philippe II (volume 5)Chapitre 49 sur 170 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

sortit presque toutes les après-midis, pour prendre l'air de la campagne. Son précepteur, Honorato Juan, avait fixé le S juillet et choisi l'église de Saint-Bernard pour sa première messe (') : il voulut y être présent. Il se pesa, afin d'accomplir le vœu qu'il axait fait, au plus fort de sa maladie, d'offrir, en cas de guérison, quatre fois son poids en or et sept fois son poids en argent à plusieurs maisons religieuses ( 2 ). Le 17 juillet, sa plaie étant entièrement cicatrisée, quoiqu'on y appliquât encore des cataplasmes destinés à fortifier la peau, il quitta Alcala,pour aller rejoindre la famille royale à Madrid ( 3 ).

Les habitants de la capitale firent éclater leur allégresse, en revoyant leîprince qu'ils avaient été si près de perdre. Le peuple aimait don Carlos; les grands l'estimaient ( 4 ) : c'était sur lui que reposaient l'avenir de la dynastie et les destinées futures de l'Espagne, La plupart des princes chrétiens envoyèrent des ambas-

(") Voy. p. 43.

( 2 ) 11 constata que son poids était de trois arrobes et une livre. L'arrobe fait vingt-cinq livres de seize onces. Il pesait donc soixante-seize livres.

( J ) « Monseigneur nostre prince vint hier soir b en tard en ceste ville, et se porte fort bien ; et est la playe guarie, ores que l'on use encoires d'emplastre pour renforcer la chair.... » (Lettre de Tisdacq à la duchesse de Parme, du 19 juillet 4562.)

Don Carlos avait couché le 47 à Barajas.

(*) « È universalmente amata da' populi et stimata da' grandi, » disent, dans leur relation au sénat, les ambassadeurs vénitiens Andréa Badoaro et Augustino Barbarigo, qui avaient été envoyés à Madrid, en 456! , afin de complimenter Philippe II sur son mariage.

Cette relation, qui existeaux archives de Venise et de Turin, estdalée du tl août 1 508 ; mais celle date est celle de sa remise à la chancellerie ducale.

sadeurs au roi catholique, pour le féliciter sur le rétablissement de son fils ( ! ). L'empereur Ferdinand écrivit à don Carlos, lui disant la peine que lui avait causée sa maladie, et le plaisir qu'il éprouvait de son retour à la santé. L'ambassadeur de ce monarque l'alla visiter de sa part ( 2 ).

Don Carlos, qui attribuait sa guérison à l'intercession de fray Diego, pria instamment son père de demander au pape la canonisation de ce saint religieux. Philippe II en écrivit à Rome. Le souverain pontife fit un accueil favorable au vœu qui lui était exprimé ; mais, à cause des informations indispensables en pareil cas, l'affaire souffrit quelque délai, et don Carlos n'eut pas la satisfaction de la voir terminée de son vivant ( 3 ).

f 1 ) Lettre de Saint-Sulpice à Catherine de Médicis, du 42 août 4562.

(*) Nous donnons, dans l'Appendice A, la réponse que don Carlos fit à l'empereur.

('*) « Y en el tiempo que se escrive esta historia , por la dévotion grande del rey catôlico, el sumo pontifice, â su instancia, ha puesto fray Diego en el numéro de los santos. » (Berrera, Historia gênerai del mundo, etc., 1. 1. p. 443.)

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