CHAPITRE V. t
« âge, apprennent à servir Votre Altesse, que nous « les ferons partir, elle peut nous en croire, aussitôt « que possible ('). » Quelque temps auparavant, il avait donné une marque non équivoque de son désir de complaire au roi catholique : il avait renvoyé son prédicateur marié, et l'avait remplacé par un ecclésiastique dont les opinions et la doctrine étaient plus conformes aux maximes de l'Église romaine ( 2 ).
La lettre de Maximilien que nous venons de citer est du 44 août 1562. Le 7 septembre, il fit avec Marie d'Autriche son entrée solennelle à Prague ; ils y furent couronnés, le 20 et le 21 , comme roi et reine de Bohême ( 3 ). A quelques jours de là, ils prirent le chemin de Francfort , où l'empereur avait convoqué la diète, pour qu'elle procédât à l'élection d'un roi des Romains. Maximilien devait paraître à cette assemblée avec quelque éclat, lui qui prétendait à la future succession de l'Empire : or, il n'était pas riche, et ce fut à grand'peine qu'il se procura l'argent dont il avait besoin. Ses ressources étant épuisées, il se vit obligé de remettre à plus lard le départ de ses fils pour l'Espagne ( 4 ).
(') « Nosotros ganamos tanto en que mis hijos sirvan â V. A. y desde chiquitos aprendan bacer (sic), que se nos puede créer que en pudiendo irân. * (Lettre autographe du 44 août 4562 : Archives de Simancas, Eslado, leg. 654 .)
(') Le comte de Luna écrivait à Philippe II, le 49 janvier 4562 : « El « predicador que agora tiene el rey, dicen que lo hacebien, yqueapro- « vecha. » [Coleccion de documentes inédites, etc., t. XXVI, p. 426.)
(») Lettre du comte de Luna à Philippe II , du 20 octobre 4562. (Archives de Simancas, Estado> leg. 654.)
(*) Dans sa lettre du 20 octobre 4562, le comte de Luna disait à ce
Ils se mirent en route seulement dans l'automne de 1563, sous la conduite du cardinal d'Àugsbourg( 1 ). Ils traversèrent l'Allemagne méridionale, le Tyrol, l'État de Milan, et allèrent s'embarquer à Viltafranca, près de Nice, où les galères d'Espagne les attendaient. Retardés pendant plusieurs semaines par les vents contraires, ils débarquèrent à Barcelone le 17 mars. Philippe II leur fit faire une réception solennelle. Luimême il se porta à leur rencontre ; il leur donna la main, à la descente de la galère qui les avait amenés, les embrassa, les fit monter à cheval, voulant que l'archiduc Rodolphe se plaçât à sa droite, et, sur les excuses de ce jeune prince, l'en priant avec instance, la main au bonnet : l'archiduc Ernest suivait, avec le cardinal d'Àugsbourg. Des fêtes qui durèrent plusieurs jours eurent lieu en l'honneur des fils de Maximilien : le roi ordonna qu'ils fussent traités à sa cour de princes de Hongrie, que les grands les qualifiassent de senores, et que les autres gentilshommes se découvrissent devant eux ( 2 ).
sujet : « Los grandes gastos que para esta jornada (de Franofort) se han « ofrescido à estos principes, y el trabajo que han tenido para podello « cumplir, ha sido causa de no se poder dar orden en la partida de los « principes Rudolfo y Ernesto para Espana ; y asi me llamô S. M. (Fer- « dinand), y me dijo que, hablando conmiço la verdad, esta era la causa « por donde nopodrian partir agora.... »
(') Othon Trusches de Waldpurg, évéque d'Augsbourg, créé cardinal en 4544, mort en 4573.
(*) Lettre du baron de Dietrichstein à Maximilien, du 47 mars 4564 , dans les Quellen zur Geschichte des Kaisers Maximilian 11, de M. Koch, p. 447. — Lettre de Tisnacq à la duchesse dé Parme, du 48 mars. — Lettre de Saint-Sulpice à Charles IX, du 44 mai.