‹ Don Carlos et Philippe II (volume 5)Chapitre 81 sur 170 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

il a été atteint en dernier lieu, et dont, selon l'opinion commune , il a été délivré miraculeusement , il est demeuré extrêmement faible et languissant, outre que, de sa nature, il n'a pas beaucoup de saaté ni de vigueur Lorsqu'il est passé de l'enfance à la puberté, on ne Fa vu prendre plaisir ni à l'étude, ni aux armes ( ! ), ni à Té qui talion, ni à d'autres choses vertueuses, honnêtes et plaisantes, mais seulement à faire mal à autrui. Ainsi, quand des personnes qui lui paraissent de peu de considération se présentent devant lui, il leur fait donner le fouet ou la bastonnade* et il n'y a pas longtemps qu'il voulait absolument que r quelqu'un fût châtré. Il n'aime personne, qu'on sache ; mais il y a beaucoup de gens qu'il hait à mort. Il est enchanté de recevoir des présents et il les recherche ; mais il n'en fait point aux autres ( 2 ). Dans tout il montre de la répugnance à être utile et une trèsgrande inclination à nuire. Il est ferme, obstiné même dans ses opinions. Il parle avec difficulté et lenteur, et ses paroles manquent de suite. Eu égard à son âge de dix-sept ans, il s'entend très-peu aux choses du monde ; et, quoique les Espagnols, qui ont coutume d'exagérer leurs faits et de s'émerveiller de tout,

(') Ce que Tiepolo dit ici du peu de goût de don Carlos pour les armes, est confirmé par les comptes de sa maison. Il devait payera son maître d'escrime, Juan Fernaudez , un écu pour chaque jour qu'il ne prenait pas leçon, et les payements de cette nature figurent assez fréquemment dans ces comptes. (Voy. Coleccion de documentes inédites para la his~ teria de Espana, t. XXV11, pp. 81, 83, 84, 99.)

( s ) Cependant nous en voyons figurer un assez grand nombre dans ses comptes. [Ibid., passim.)

exaltent quelques questions qu'il adresse indistinctement à tous ceux qui l'approchent, d'autres, avec plus de fondement peut-être, tirent de l'inopportunité de ces questions un argument peu favorable à son intelligence ( ! ). »

Don Carlos allait accomplir sa dix-neuvième année. Le roi, son père, se décida enfin à lui donner entrée au conseil d'Etat; il y siégea pour la première fois le 16 juin ( 2 ). Philippe II s'occupa, dans le même temps,

(*) II principe Carlo.... è di persona picolissimo, d'aspetto bruto et ingrato, et di complessiou melanconica, per. la quai ba patito quasi tre anni continui febbre quartana , con aliénation aile volte di mente , accidente in lui tanto pi ù considéra bile quanto che pare tenerlo per hérédité deir avo et délia bi sa vola. Pero, per cosi lunga malatia, et molto più per Pultimo pericolosissimo mal che a corso, clal quai per comun opinton miracolOfeamente si ha liberato, è ri maso assai debole etafflitto, oltra che naturalmente non ha mol ta prospérité et fortezza.... Cresciuto poi, non si ha delettato di lettere, d'armi, di cavalli, o di altra cosa virtuosa, honorala et piacevole, ma solamente di far mal ad altri, perché a quanti H vengono innanzi, che a lui apparano persone di poca stima, fa dar hora la coltra, hora cavalli, et non è gran tempo anchora che voleva al tutto che uno fosse castrato. Non ama, che si sappia, alcuno, ma odia ben a morte molti. Ha caro et procura di essere donato, ma egli non dona ad altri, et in tutti i modi si dimoslra alieno di giovare et incliuatissimoa nuocere. Nelle sue opinioni èfîsso etostinato, et nel parlare dificile et tardo, con parole tronche et spezzate; et se *1 si ha respetto air età sua di 47 anni, egli inteude pochissimo délie cose del mondo; et benchè Spagnuoli, che sogliono agrandir le cose loro, et di ogni cosa maravigliarsi, esaltino alcune domande che egli i ndife rente mente fa a tutti quei che gli vanno innanzi, nientedimeno altri forse più veramente argumentano dalla impertinenza di quelle la poca sua cognitione. » (Relation dm 9 janvier 4563, aux Archives de Venise.)

( 2 ) Lettre de Dietrichstein, du 29 juin 4564. (Koch, p. 429.) — « Monseigneur nostre prince se porte très - bien , et a Son Alteze, passez quelques jours, commencé à entrer au conseil et entendre aux négoces. » (Lettre de Tisnacq à la duchesse de Parme, du 28 juin 4564.)

La duchesse de Parme, écrivant à Lazarus Schwendy, le 26 août, lui

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