CHAPITRE PREMIPR
Mariage da prince Philippe avec. Marie de PortagaU — Naissance de don Carlos. — Mort de la princesse : affliction que cet événement cause à Philippe et à toute TEspagne. — Baptême de don Carlos. — Joie de l'empereur, en apprenant à Worms qu'il lui est né un petit-fils, bientôt troublée par l'arrivée du courrier qui lui apporte la nouvelle de la mort de la mère. — Changement dans les projets qu'il avait formés. — Instincts étranges de don Carlos, qui mange le sein de sa nourrice. — Difficulté qu'il éprouve à parler : mot de l'empereur à ce sujet. — Age de don Carlos, quand le filet lui fut coupé. — Doîia Leonor de Mascarenas lui est donnée pour gouvernante ; portrait de cette dame. — Résidence de rinfant à Alcala de Henarès et à Toro. •— Instruction de l'empereur sur l'ordre à observer dans la maison de son petit-fils. — Officiers attachés à la personne dé l'infant. -7- Chagrin manifesté par don Carlos lors de sa séparation d'avec sa tante dofia Juana. — Philippe le fait passer des mains des femmes dans celles des hommes, et lui donne pour gouverneur don Antonio de Rojas. — Partant d'Espagne pour l'Angleterre, il nomme Honorato Juan son précepteur. — Éloge de Juan. — Perspective qae lui offre la charge à laquelle il vient d'être appelé. —
Plan qu'il soumet à Philippe ; observ^alions de ce prince. — Recommandations de l'empereur à don Antonio de Rojas. — Application à l'étude montrée dans le principe par don Carlos, mais qui ne se soutient pas.
Le 15 novembre 1543, Philippe II épousa à Salamanque la princesse dona Maria, infante de Portugal, fille du roi Jean III et de Catherine d'Autriche, sœur de Charles-Quint. Ce mariage conciliait les exigences de la politique avec las convenances mutuelles des époux. Les Espagnols voyaient avec plaisir se resserrer l'alliance qui unissait depuis de longues années les deux monarchies de la Péninsule ibérique. Philippe avait seize ans et demi ^ ; il était un des princes de son temps les mieux faits et les plus agréables *. Marie de Portugal, dont Tàge ne différait du sien que de quelques mois ^, réunissait en sa personne des avantages précieux : sans être grande, elle était bien prise dans sa taille; elle avait de Tembonpoint sans en avoir trop, un visage charmant et un sourire plein de grâce. Elle rappelait beaucoup sa bisaïeule, Isabelle laCatholique *.
Le ciel sembla d'abord vouloir favoriser une union formée sous de si heureux auspices. Philippe avait établi sa résidence à Valladolid; le 8 juillet 1545, à minuit, la princesse y donna le jour à nn fils.