Histoire de Marie Stuart, par M. Mioet, t. I, p
2. « S. C .R. Mti,... me ha dicho Su M^ que, no- teniendo V. M^ hija con que el rey de Francia pueda casar, lo paresce que séria d propésito una de sus nielas 6 hijas, de lo cual sin parescer y voluntad de V. M^ él no
trafarà ; que pide y ruega mucho â V. M^ le haga saber lo que en esto le paresce y quiere que se haga... » (Dépêche du comte de Luna à Philippe II, écrite de Vienne, 16*28 décembre 1660 : Archives de Simancas, Estado, leg, 650.)
16i DON CARLOS ET PHILIPPE II
langage qui servait à déguiser sa pensée, pour manifester ouvertement ses intentions. Sous bien des rapports, la jeune archiduchesse convenait à don Carlos. Elle était âgée de quatre ans moins que lui *; elle était jolie. Le comte de Luna la peignait en ces termes, lorsqu'elle venait à peine d'accomplir sa douzième année : « Ce que je puis dire de la » princesse Anne est tout à son avantage, parce que, à ce » qu'il me parait, on ne saurait demander mieux. Pour son , » âge, elle montre beaucoup d'intelligence et une remarqua- » ble tranquillité. Elle est très-dévote; elle a le meilleur ca- » ractère qu'on puisse avoir. Elle est bien faite. Elle sera » grande, car elle Test déjà, et elle croît à vue d'œil, tello- » ment qu'on lui donnerait quinze à seize ans; sa figure » est charmante. Sa mère l'élève avec un soin extrême; elle » ne la quitte pas : elle et le roi l'adorent et l'aiment plus que » tous leurs autres enfants. En résumé, il est certain, selon » moi, qu'on ne saurait désirer plus de qualités qu'dle » n'en a, dans une femme qui serait destinée à devenir » la compagne du prince 2. »
Mais il y avait, à la cour et dans la famille même de Philippe II, une princesse qui se croyait appelée, plus que toute autre, à devenir la femme de don Carlos : c'était la propre sœur du roi, dona Juana.