CHAPITRE VIII
consulta le duc de Guise sur son mariage. Le duc s'excusa de lui donner conseil, ne pouvant, lui dit-il, lui conseiller ce qui lui convenait le mieux » .
L'empereur Ferdinand aussi avait pensé au prince d'Espagne pour l'aînée de ses petites-filles, Tarchiduchesse Anne. Il n'adressa pourtant point, d'abord, au roi son neveu de proposition formelle à cet égard ; il se contenta de lui faire insinuer que la princesse serait probablement demandée par le roi de France, et il le pria de lui dicter la réponse qu'il aurait à donner à ce monarque ^ ; mais son but était trop facile à pénétrer pour qu'il échappât à la sagacité de Philippe IL D'ailleurs, il ne tarda pas à abandonner ce
rait arriver que les États du roi catholique s'augmentassent de l'Ecosse et de l'Angleterre, elle les avait conjurés, avec les plus vives instances , de ne concourir en aucune manière à un mariage qui pouvait avoir pour la France'des conséquences aussi prôjudiciabios, et que le duc et le cardinal lui avaient donné leur parole qu'ils agiraient conformément à ce qu'elle souhaitait d'eux, parce qu'ils préféraient le bien de la France à l'avantage de leur nièce. (Voy. llisloire de Marie Stuart, par M. Mignet, t. 1, p. 148.)
Cette histoire, toute à l'honneur des princes lorrains, ne sembla guère d*accord avec le langage tenu par Catherine de Médicis dans sa lettre du 3 mars 1561. En admettant qu'elle soit vraie, le cardinal de Lorraine n'aurait-il pas eu d'autres motifs de céder aux désirs de la reine-mère ? n'aurait-il pas craint, par exemple, en les contrariant, de se voir privé des riches bénéfices qu'il possédait en France? L'évêque d'Aquila écrivait, de Londres, le 17 juillet 1563, au comte de Luna, ambassadeur d'Espagne à Vienne : « Gomo el cardenal liene temor de perder los beneficios a» que tiene en Francia, en ninguna manera osarà dar su voto para cosa » que no contente a Franceses, aunque en secreto lo desee cuanto es » razon... » (Archives de Simancas, Estado, log. 816.) '