CHAPITRE VIII
Restée veuve, à Tâge de dix-huit ans et demi,de Tinfant (Ion Juan, héritier de la couronne de Portugal, dona Juana était réputée Tune des plus belles, des plus gracieuses femmes de Castille, et d*éminentes vertus rehaussaient encore sa grâce et sa beauté ^ Depuis son veuvage, les prétendants ne lui avaient pas manqué : elle s'était vue recherchée, presque en même temps, par le duc de Perrare de la maison d'Esté, et par le prince de Florence, François de Médicis, tils de Corne. Elle avait rejeté bien loin la recherche du premier, qu'elle regardait comme « trop basse » et petite pour sa qualité *; » le second n'avait pas mieux réussi auprès d'elle. François de Médicis vint en personne à la cour d'Espagne ». Le duc Côme entretenait d'étroites relations avec Philippe II, dont la bienveillance lui avait valu l'acquisition de Sienne et était le fondement de fcn influence en Italie. Il ne croyait pas trop présumer de sa fortune, en se flattant que son fils serait agréé de la princesse : il eût été disposé, en ce cas, à abdiquer en sa faveur *, Philippe II fit au prince de Florence un accueil
1. ce La principessa.... stimata la più bella di que lia provincia,... » dit Tambassadcnr vénitien Badoaro dans sa relation an sénat, faite en 1557. (Voy. Melation» des ambastadeurs vénitiens sur Charles-Quint et Philippe II, p. 62.)
Un autre Vénitien disait d'elle en 1572 : « È questa principessa di betlisn sime manière, di faccia delicata, di pelo bruno e di carnagione bianx> chissima, di vita esemplare e di statara grande. É proporlionnata molto, » e m ogni sua azzione grandissima d'ingegno e di prudenza. » (Ibid., p. 174.)
2. Expressions de Tévêque de Limoges, dans une dépêche à Catherine de Médicis, du 9 mars 1562.