Elle était née à Madrid, le 23 jain
3. Les ambassadeurs vénitiens Andréa Bodoaro et Agostino Barbarîgo disaient d'elle, dans leur relation de 1561, que nous avons plusieurs fois citée : c< Ê stimata da S. M. G., cosi da tutta la Spagna, per il prudonlo » govemo ch' ella ha fatto di qnel regno, neli' assenzia dcl rc... »
3. « Con ocasion de las vistas concertadas de la reina de Espana con su madré la reina de Francia en Fuenlerabia, moviO Isabel nuevamonie la pldtica de casamiento, en la cual dijo a Guzman do Silva... que estaba quejosâ de que no se la hubiese propnesta al principe don Carlos. » [Apun^ tamientos para la hisloria del rey don Felipe 11^ por lo tocante d sus relaciones con la reina Isabel de Inglateira, ] ar don Tomâi; Gonzalez, dans le tome VII des Memorias de la real Academia de la historia de Madrid, p. 307.)
Dans ui>e lellre de Guzman de Silva au roi, dn 10 juillet 1564 {Coleceion de documentos inéditos para la historia de Espaha, t. XXVI, p. 500), Dons trouvons le passage suivanl, qui confirme le fail rapporté ])ar le chanoine Gonzalez : « La reina toni6me a preguntar en lo pasado de V. M. y » si el principe habià crescido. Yo le dije que si ; y eslavô pensando un » poco, y dijô : En fin todos m^ desdenan : cnliendo que se ha iratado de » casarle con la reina de Escocia. »
marier contre son gré. On le savait ; aussi Elisabeth de Valois et les dames françaises de sa cour ne laissaient-elles échapper aucune occasion de faire valoir en sa présence les avantages de madame Marguerite. Au mois de février 1S61, Elisabeth étant à Tolède, sa mère lui envoya son portrait avec ceux de ses fils et de ses deux autres filles. Don Carlos les vit, et dit plusieurs fois en riant : Mas hermosa es la pequenay a la petite est la plus jolie. » Elisabeth l'assura que sa sœur était bien faite; madame de Clermont ajouta que c'était une belle femme pour lui : il rit de nouveau et ne répondit rien *. A son retour de Bayonne, Elisabeth rapporta un portrait de sa sœur, alors âgée de douze ans; elle le montra au prince. Don Carlos, l'ayant contemplé longtemps, dit qu'elle avait les yeux beaux, la bouche belle, qu'elle était toute belle. Mais on ne put tirer autre chose de lui 2.
Soit qu'il la trouvât trop âgée, soit parce qu'elle lui avait en quelque sorte servi de mère, ou par d'autres motifs, don Carlos ne voulait pas entendre parler, pour sa femme, de dona Juana. Un jour qu'il causait familièrement à Alcala (c'était quelque temps avant sa chute) avec le fils de don Garcia de Tolède, son gouverneur, celui-ci, à propos des bruits qui couraient d'un prochain mariage entre lui et sa tante, lui demanda quels étaient ses sentiments pour la princesse. Il répondit avec vivacité « que plutôt se laisseroit-il » mourir, si son père vouloit le forcer de l'épouser, pour » ne Taimer en façon que ce fut ». » Dona Juana se flatta
1 . Lettre d'Elisabeth do Valois à Catherine de Médicis, dons les Négo^ dations, lettres et pièces, etc., p. 805.