Lettre sccxète de Saint-Salpice, da 9 septembre
!2. C'est ce que Févéque de Limoges, Sébastien de l'Aubespinc, n'avait cessé d'écrire à Catherine de Médicis. Il lui mandait le 10 mars 1561 : u En fin de compte, ils prendront ce qu'ils trouveront le plus à leur avan- » tage; » et le 25 avril suivant : « Le roy catholique branle çà et là, fai- V sant son prouffit et monstre de sa marchandise, pour déguiser ses in- » tentions doubles, et enfin accommoder ses affaires du meilleur : en quoy » il est vray, comme Dieu, qu'ils regardent la Flandre et ce qui la peut » toucher plus que chose du monde. » [NégociationSy lettres et pièces diverses relatives ati règne de François II, pp. 823 et 856.) Le 6 février 1562, lui rendant compte d'une conversation que ia reine Elisabeth avait eue avec son mari, et dans laquelle elle avait mis en avant d'abord madame Marguerite, puis dona Juana, il lui disait : « La substance de toute la res- » ponse fut comme de coustume, et telle qu'elle est ordinaire de ceulx qui, «soubz couleur d'un bon mariage, désirent d'entretenir ung chaseun, sans » désespérer personne, jusques au prendre. » Il en concluait « qu'icy l'on » prendroit le meilleur, et celluy qui seroit, en biens et seureté d'Estatz du 9 Pays-Bas, plus utile, comme il sembloit que non-seulement le conseil- » loient ceulx de par deçà, mais tous autres ministres de S. M. »
3. Encore au mois d'août 1563 , lorsque Pliilippe II chargeait expressément son ambassadeur à Londres de négocier le mariage du prince avec Marie Stuart à certaines conditions , Ruy Gomez disait à Sainl-Sulpicc « que le mariage du prince n'estoit tant hors d'espoir comme l'on eust » pensé , mais que l'indisposition et l'imbécillité qui se voyoit en sa per- » sonne avoit retenu son père jusques icy de traicter rien de son ma- » riage, de peur que de luy bailler silosl femme portast préjudice à avoir » Ugnée. » Il rassurait en même temps qu'il n'était pas question de l'archiduchesse Anne. (Lettre secrète de Saint- Sulpice, du 15 août.)
fruits qu'il pouvait tirer d'une alliance entre sa maison et celle de France. Il ne prêta pas l'oreille, non plus, aux premières ouvertures qui lui furent faites au nom de Marie Stuart. Ce fut pour sa nièce, Tarchiduchesse Anne, qu'il l)encha dès le principe : en lui faisant épouser le prince d'Espagne, il resserrait son union avec la branche de sa maison qui occupait le trône impérial, et par là il acquérait des garanties pour la sûreté des Pays-Bas, qui était l'un des principaux objets de ses combinaisons politiques. L'emi^ereur son père, d'ailleurs, en mourant, lui avait recommandé ce mariage de préférence à tout autre, si la disproportion d'âge qu'il y avait entre don Carlos et dona Juana ne permettait i)as que le prince épousât sa tante *. Quant à Marie Stuart, il se montrait disposé à seconder les desseins de l'empereur Ferdinand, qui avait jeté les yeux sur elle pour l'archiduc Charles, son troisième fils 2. Il transmit des instructions dans ce sens au comte de Luna, son ambassadeur à Vienne, mais sans prendre toutefois d'engagement sur aucun point.
L'empereur aurait voulu une réponse plus catégorique. La cour de Fontainebleau venait de lui faire demander la main de rarchiduchesse Anne pour le roi Charles IX, et cette demande était appuyée des sympathies des princes et des peuples do l'Allemagne. Il exprima à Philippe II, par l'organe de don Martin de Guzman, son ambassadeur à Ma-
1. C'est co que don Martin de Guzman, 'ambassadear de Femperear Ferdinand à Madrid, assura à Tévêque de Limoges. (Dépêche de révoque à Catherine de Médicis, du 16 février 1562.)
±. Les vues <le Philippe. II , telles que nous les énonçons ici, résultent d'une dépôche du 13 octobre 1501 du comte de Luna, ambassadeur d'Espajrnc à Vienne, en réponse à Uiio lettre que co monarque lui avait cc'.ite e 28 août. (Archives do Simancas, Estado, leg. 650.) La lettre du 28 août n'a pas été trouvée dans les archives de Simancas.