‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 126 sur 358 · CHAPITRE VIII m · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII m

tre en rapport avec Tambassadeur d'Espagne à Londres; elle fat retenue par Tappréhcnsion qu'il ne communiquât sa lettre à la reine Elisabeth *.

A quelque temps de là, elle envoya à Londres William Maitland, lordLethington, Lethington était le principal secrétaire d'État d'Ecosse, Tun des personnages les plus considérables de ce royaume et le chef du parti protestant ; du reste homme de bien, fidèle à sa reine et désireux de sa grandeur, quoique très-obstiné dans les opinions religieuses qu'il avait embrassées 2. L'objet avoué de sa mission était de s'interposer dans les différends de la France avec TAngleterre, qui s'était emparée du Havre-de-Gràce ; mais le but réel en était d'obtenir que la reine Elisabeth déclarât la reine d'Ecosse son héritière, comme plusieurs fois elle en avait manifesté l'intention : si elle s'y refusait, Lethington devait passer en France, sous prétexte d'y négocier un arrangement avec la couronne britannique, et y traiter du mariage de sa maîtresse avec Charles IX 3.

L'ambassadeur de Philippe II à Londres, Alvpro de la

1. «.... Tâmbien dice Moreta que pensô la reyna de escribirme â^mi 'nna carta por comenzar â tener intelligencia conmigo, pero que lo deju de hacer, lemiendo que yo no lo dijese a esta reyna.... » (Lettre de l'évoque d'Aquila au cardinal de Granvelle, du 3 janvier 456î2, ci-dessus citée.)

2. « Ledinion, que es un secretario de aquella rpyna, persoiia principal en aquel reyno, y ^specialmente con la parte de los protestantes, de los cnales él como caudillo vino aqui, enviado de su ama. » (Lettre de l'évéque d'Aquila au comte de Luna, du 17 juillet 1563, dans la Colecc. de documentos inéditoSy eic.jl, XXVI, p. 451.)

« La reyna.... sirvese mucho deste Ledinton, el cual es obslinatisimo en sus opiniones, pero en lo demas fiel y hombre de bien, a lo que parcce, y deseoso de la grandeza de su ama.... » (Lettre de l'évéque d'Aquila à l'empereur, du 10 avril 1563 : Arch. de Simancas, Estado, Icg. 816.)

Dans la môme lettre, l'évéque dit que « Ledinton es el que lo gobierna » todo con el conde de More (Murray), herniano baslardo de la reyna. »

3. Lettre de Tévêque d'Aquila au comte de Luna, du 17 juillet 1563, cidessus citée.

Cupdra, évoque d'Aquila, reçut de Lethington lui-même la confidence des desseins de sa souveraine. Il avait invité ce ministre à dîner. Pour le faire parler, il lui dit que, à son aVis, le seul moyen qu'eût la reine d'Ecosse de parvenir plus tard au trône d'Angleterre était d'accepter le mari qui lui serait proposé par la reine Elisabeth. Lethington répondit que jamais sa maîtresse n'épouserait un protestant, et qu'elle n'accepterait ni un protestant, ni un catholique de la main d'Elisabeth, lui offrît-on même de la déclarer héritière de la couronne; car cette reine voudrait lui donner pour époux quelqu'un de ses vassaux, et elle se marierait bassement, sans sortir des embarras où elle était, puisque, d'une part, avec ses forces seules, elle serait dans l'impuissance de faire exécuter la déclaration qu'elle aurait obtenue, tandis que, de 1 autre, elle s'aliénerait raffection des catholiques *. Lethington ajouta qu'elle était résolue de mourir plutôt que de prendre un mari qui ne fût pas égal à celui qu'elle avait perdu *. Son désir eût été de s'unir au prince d'Espagne : vu l'opposition qu'y mettaient la reine-mère de France et la reine d'Angleterre, elle avait pensé au roi Charles IX; au cas qu'elle échouât de ce côté, mais en ce cas seulement, elle pourrait accepter l'archiduc' Charles ; encore ne Tépouserait-elle que si le roi catholique

1. « .... Respondiô el Ledinton que en esto habia dos dificnltades : la uoa, quo su ama en ninguna manera se casaria con protestante, y la otra que ni con catôlico, ni protestante por mano de la de Inglaterra, annqne por solo csto la declarason por sucesora, porque^ dcmas quo ponsaria darle por marido algun vasallo suyo, casando bajamente, le quedaba la misma dificultad quo agora, porque sin fuerzas propias nnnca podria egecatar la aeclaracion que se hicicse, y perderia las voluntados do los catôlicos... » (Précis de la dépêche do l'évoque d'Aquila à Philippe II, du 18 mars 1563^ déjà citée.)

â. u .... Esta resuoltn do morir .'intcs que tomar marido desigoal al que perdiù.... » (Ihid.)

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