CHAPITRE VIII
faisait à son cousin des avantages considérables et presque impossibles *.
S'ouvrant de plus en plus à Tévêque d'Aquila, Lethington en vint à lui proposer formellement le mariage de sa maîtresse avec le prince d'Espagne : Si le roi catholique, lui dit-il, voulait y entendre, il se ferait presque le maître du monde, car il ajouterait à ses domaines les royaumes d'Ecosse, d'Angleterre et d'Irlande, dans la possession desquels il entrerait sans aucune difficulté, à cause de la grande inclination qu'avaient les catholiques pour ce mariage, ainsi que pour la réunion des trois couronnes 2. L'évêque objecta la différence de religion. Lethington lui répliqua qu'à la vérité la plupart des nobles écossais étaient protestants, mais qu'ils étaient si obéissants et si attachés à leur reine, que, la voyant décidée à se marier avec un catholique, ils applaudiraient à un choix avantageux au royaume; qu'il était certain, du reste, qu'en considération d'un tel mariage, on permettrait aux catholiques de vivre dans leurs maisons à leur mode, d'y célébrer leurs messes, et même d'avoir leurs églises propres 3. Il lui dit encore que la reine sa maitresse possédait, en Ecosse et en France , 200,000 ducats
1. a Cuantô al matrimonio de su ama con el rey de Francia, dice que lo propondrâ, ro por camplimiento , como yo pensaba, sino porque con efecto vendiia en ello la reyna su ama, â mas no poder, visio que la rcyna madré le estorba el casamiento dei principe nuestro sefior, que es donde clla tiene el pensamîenlo, lo cual me ha confesado ingenuamente ; y dice que, no sucediendo el de Francia, de muy riiala gana vendria en el del archidnque Carlos, si no fuese con grandes abohos y asistencias del rey nuestro sefior, y taies que por ventura no son platicables. » (Précis de la dépêche de l'évêque d'Aquila à Philippe II, du 18 mars 1563.)
2. a .... Si S. M. quisieseatender a este casamiento, demds de dar asuhijo una tal muger, cdsi le venia â hacer monarca, con anadir a sus Estados aquellos reynos d'Escocia, Inglaterra é Irlanda, la posesion de los cuales se le dariâ sin ninguna dificultad, por la grande inclinacion que los catolicos tenien à este casamiento y à la conjuncion de aquellas coronas. » (Ihid.)