Ibid
roi pour un refus : car qu' était-il besoin qu'il leur demandât les intelligences que la reine d'Ecosse avait en Angleterret Lethington et lui s'étaient confié mutuellement, et au long, tout ce qu'ils savaient à cet égard : c'étaient les mêmes individus qui avaient parlé à l'un et à l'autre, qui les avaient engagés à proposer le mariage de la reine avec le prince d'Espagne, qui leur avaient offert leur concours, qui leur avaient donné la liste des personnes d'autorité, catholiques et autres, prêtes à soulever le peuple pour le service de
ladite rcino Après de pareilles confidences, il n'était pas
douteux qu'ils n'envisageassent une, telle demande comme
ayant pour but de les amuser En outre, leur défendre
de donner de la publicité à cette affaire, c'était faire naître en eux le soupçon que le roi ne pensait pas a la conclure; de cette publicité, en effet, dépendaient la considération de la reine et la manifestation des volontés de ses adhérents, lesquels, sans cela, n'oseraient jamais se découvrir. Quant aux inconvénients qui en pourraient résulter, Lethingtou, avec qui il en avait parlé souvent, était d'avis qu'on y remédierait, en tenant la conclusion secrète jusqu'au moment où le roi serait en mesure de soutenir ce qui serait conclu, et de mettre à exécution ce qu'il y aurait à faire : bien entendu
que la reine aurait la certitude de cette conclusion En
procédant de la sorte, l'évéque était persuadé que tout irait bien. En suivant les instructions qu'il venait de recevoir, il craignait que la reine et ses ministres ne s'imaginassent qu'on voulait se jouer d'eux, qu'ils n'en conçussent de l'indignation, que ceux qui étaient divisés dans son royaume ne se rapprochassent pour agir dans un but commun, qu'enfin tout cela n'eût de mauvaises suites *.
i. Lettre de l'évoque d'Aquila au ducd'Albe^ du 17 juillet 15G3.