CHAPITRE VIII
excuser de son mieux et à plaider, avec toute l'adresse et la chaleur possible, les intérêts de l'archiduc Charles *; il ajouta cependant, que, si les Français mettaient sur le tapis le mariage de leur roi avec Marie Stuart, dans ce cas, vu les graves inconvénients qui en pourraient résulter, il prêterait de nouveau l'oreille aux ouvertures qui lui avaient été faites pour son fils ^.
Cette réserve était-elle sérieuse? Il est permis d'en douter. Quoi qu*il en soit, Chantonay fut chargé de faire à Tempereur Maximilien (Ferdinand était mort le 2S juillet) une de ces « belles responces pleines d'espérances et bien coulou- B rées 3 » par lesquelles son maître ne s'engageait à rien. Dans une instruction particulière et secrète dont il était porteur, le roi lui avait exprimé ainsi sa Volonté : « Vous direz à » l'empereur, mon frère, que, toutes les fois qu'il a été ques- » tion du mariage de la princesse Anne avec mon fils, j'ai » toujours parlé avec cette affection, cette sincérité et cette
1. « .... En resolucioD es mi voluntad que, si se os hablase en ello,.... os salgais lo mejor que pudiéredes do la plàlica de mi hijo, y que aproteis con toda buena manera y dexteridad la del archiduqae Carlos mi primo.... » (Dépèche du 6 août 1564, dans la Coleccion de doenmentos inéditos, etc., t. XXVI, p. 52i .)
2. a .... Solo una cosa 3e habia olvidado do advertiros, y es que do tal manera procnreis de caminar en este négocie que no pierdan los Franceses cl temor al casamiento del principe mi hijo, y no saviendo ô estorbando lo del archiduque, procuren de tomar à la reyna de Escocia para el rey do Francia, que séria Lan danoso y traeria consigo tantos inconvenientes que en este caso solo, cuando tal se entendiese, volveria A la plâtica del principe mi hijo.... » (Ihid.)
Alalgré le refus de Philippe II, et lorsque déjà Marie Stuart était décidée à, épouser lord Henry Darnley, Lethington fit encore, à Londres, au mois d'avril 1565, une tentative auprès de l'ambassadeur Guzman de Silva, pour renouer la négociation de son mariage avec don Carlos. Il y a làdessus une dépêche détaillée de cet ambassadeur, en date du 26 avril, dans la CoUceion de doeumentos inéditoSf etc., t. XXVI, p. 530.
3. Expressions de Saint-Sulpice dans sa lettre secrète du 12 juin
» franchise donl il convicnl d'user cnlrp nous, et que je lui » parlerai de môme aujourd'hui ; que déjà je lui ai fait sa- » voii* que mon fils n'était point dans une situation physi- » que qui permit de le marier; que je suis forcé encore, » non sans une vive douleur, de lui répéter la même chose; » que, bien (pic mon (ils ait dix-neuf ans accomplis et qu'on » voie d'autres jeunes gens tardifs, Dieu a voulu qu'il le fût » plus qu'eux tous ; que, quoique ma coutume soit d'être si » vrai dans mon langage qu'il n'est pas besoin d'autre ga- » rant de ce que j'avance ici, ils pourront s'assurer, auprès » des personnes qu'ils' jugeront à propos, si ce que je leur » dis est une excuse, afin de traîner l'affiiire en longueur, ou » un obstacle trop réel à sa conclusion, comme je le crois; » que, dans ce dernier cas, il faut que nous prenions tous » i)atienc(s et que nous ajournions cette affaire jusqu'au » moment où le mariage pourra s'effectuer; car s'il avait » lieu auparavant, le mal qui en résulterait serait commun » à nos deux familles, pour l'intérêt que les uns et les au- » très nous y avons; enfin qu'une des stipulations, et la » principale , dont nous aurons à convenir, quand cette » affaire se traitera, est le mariage de l'archiduchesse Élisa- » beth avec le roi de Portugal, notre neveu, puisque cette » princesse ne saurait être nulle part ailleurs aussi fêtée et » honorée, ni aussi près de sa sœur; que là elles pourront, » en quelque sorte, se croire toujours ensemble, et qu'il » nous importe tant à tous deux qu'elle n'épouse pas un » autre prince ^ »
1. oc .... Direis al empo.railor mi hermano qae, otras yezes que on este ncgocio se ha platicado, yo bo hablado siempre con aquel amor, synceridad y lianeza que conyiene asar siempre enlro nosotros, y cop la mesma le hablaré agora, sin pordouar â mi hijo, por Ueyar siempre este camino ; que olras vezes les bo bucbo sabcr la mala disposicion qae on mi hijo hayîa para poderle dar muger, que ba sido la causa de no averse Ilogado este