‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 137 sur 358 · CHAPITRE VllI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VllI

Maximilien répondit à Chantonay qu'il était touché de la sincérité avec laquelle le roi lui faisait connaître ses sentiments, et qu'il voulait aussi s'expliquer avec franchise ; qu'il était instruit du peu de santé du prince d'Espagne, mais qu'il ne pouvait rester dans l'incertitude surJe sort de sa fille ; qu'il désirait savoir positivement si don Carlos l'épouserait, quand sa santé serait meilleure : dans le cas contraire, il la donnerait au roi de France, qui l'en sollicitait et l'en faisait solliciter vivement par la plupart des électeurs K

A cette époque, une amélioration notable se fit remarquer dans l'état de don Carlos : le baron deDietrichstein, fidèle aux instructions de l'empereur, en tira argument pour demander que le roi ne différât plus sa résolution *. Philippe II était dans un embarras qu'accrurent encore les informations reçues de Chantonay. L'empereur' avait appris,

negocio al cabo, y qae, no sin gran dolor mio, de nnevo le digo ahora que la misma causa milita al présente, aunque mi hijo tiene ya xix anos, que, annque otros mozos hazen tarde, Dios es scrvido que e1 mio paso tan adelante à los otros todos como esto ; y aunque mi costumbre es hablar siempre tanta verdad que por esto no havia menester mas testigo, podrao informarse de las personas que les paresciere, si esto que yo les digo es escusa para alargar el negocio, 6 tan verdadero impedimento parj no concluirh) como à mi me paresce ; que siendo esto asi, sera menester hayamos todos paciencia, y alarguemos este negocio para quando cl tiempo nos muestre poderse tratnr de la efectuacion d'el, pues del hacersc sin tiempo, tan comun séria el dano, por las prendas que los unos y los otros metemos en él ; y que enliendan que uno de los capituios, y el principal, que havemos de asentar, quando este negocio se tratare, es el casamiento de la infante Isabel con cl rey de Portugal, nuesiro sobrino, pues en ninguna parte podrà estar tan servida y regalada como allf, y taa ccrca de la princesa su hormana, y podrân dezir no apartarse de la companfa que agora tienen, y al particular de nuestros comunes negocios lanto conviene no casarse en otra farte. » (El capitula que se diô à parte à Chantoné, cuando fué à Alemania, sobre lo del principe, en Madrid, d i^ de seliembre 1.561 : Arch, de SimuncaiS, Es tado, leg. 652.) i. Lettre de Chantonay à Philippe II, écrite de Vienne, le 31 mars 1565.

(Papiers d'État du cardinal de Granvelle^ t. IX, p. 106.) 2. Lettre de Dietrichstein à Philippe II, écrite d'Aranjuez, le 11 mai 15C5.

(Archives de Simancas, Estado, leg. 657.)

par (les lettres de son ambassadeur à Madrid, que le prince souhaitait passionnément d'épouser sa cousine ; qu'il s'était exprimé à cet égard de la manière la plus énergique, et avait voulu avoir un portrait de la princesse devant lequel on le voyait souvent en contemplation *. Il avait su de plus, par la morne voie, que, lors de sa chute à Alcala, dont un rendezvous donné à Tune des filles du concierge du palais avait été, comme on Ta vu, la cause, don Carlos avait fait vœu de ne jamais s'approcher d'une autre femme ; qu'ainsi il n'en était aucune dont il eût envie de s'occuper *. Ces particularités avaient causé un vif plaisir à la famille impériale, et augmenté Tinclination qu'elle avait pour le mariage de l'ar— chiduchcsse Anne avec le prince.

C'était le moment où la reine Elisabeth de Valois partait. pour Bayonne avec le duc d'Albe. Philippe II, qui voulait. encore temporiser, répondit au baron de Dietrichstein qu'il s résoudrait sur le fait du mariage des que le duc reviendrai "C de France. Une pareille réponse ne pouvait causer qu'an^CB médiocre satisfaction à Vienne : l'empereur dit assez froide—

1. Nous tronvons la doscription de ce portrait dans un inventaire,

le 9 février 1568, de Targent, des bijoux et d'antres choses qui élaievit dans un petit coffre confié à la garde du secrétaire Gaztelû. Noos la do nous ici :

« Un rctrato de la infanta Ana, hija del emperador Maximiliano, de se do colores, con très rubis y très esmeraldas y ocho perlas en la eahe^^ y con el brazo izquicrdo un nibf y una esmeralda con dos perlas, y ^^ los brahones de entrambos braços otros cinco perlas ; puesto en una cc»J* redonda de ébano, con una moldadura de plata sobredorada. » (Areb. ^^' Simancas, Contaàuria mayor de cuentaSt 1> época, leg. 1050.)

2. a Que quando S. A. diô la cayda en Alcald, havia hecho voto de ^ |p llegarse jamas a otra muger, y asf ny curava ny queria enamorarse ninguna... » (Lelire de Ghantonay à Philippe II, du 20 mai 1565| les Papiers d'État du cardinal de Granvelle, t. IX, p. 213.)

Philippe 11 écrivit, de sa main, sur le dos de celte lettre, en la voyant au secrétaire Zayas : Esta no vea nadie « Que perscmne ne » celle-ci. » (Arch. de Simancas, Estado, leg. 653.)

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