CHAPITRE VIII
ment à Chantonay qu'il passerait encore par ce délai, quoique le roi eût eu assez et trop de temps pour prendre un parti *.
Catherine de Médicis, malgré toutes les observations que lui avaient faites, pour l'en dissuader, l'évèque de Limoges et le seigneur de Saint-Sulpice, son successeur à Madrid, n'avait pas cessé de nourrir l'espoir qu'elle marierait sa fille Marguerite avec le prince d'Espagne. A Bayonne, elle proposa formellement ce mariage au duc d'Albe, en même temps que celui du roi de France avec l'archiduchesse Anne et de dona Juana avec le duc d'Orléans 2. Raymond de Pavie, seigneur de Fourquevaulx , qui , dans l'automne de 1565, alla remplacer Saint-Sulpice à Madrid, fut chargé de suivre avec chaleur cette négociation auprès du roi, du duc d'Albe et du prince d'Eboli. Le duc avait témoigné à Saint-Sulpice qu'il approuvait assez les mariages mis en avant par la reine mère; Ruy Gomez lui avait promis d'y être favorable ^ : mais, en tenant ce langage, ces ministres le trompaient, car la façon de penser de leur maître leur était bien connue. Le roi «lit fin aux poursuites de Catherine de Médicis, en déclarant, d'une façon catégorique, à la cour de France , qu'il avait pris, en ce qui concernait le mariage de son fils, des engagements dont il lui était désormais impossible de revenir *.
1. Lettre de Chantonay an roi, du 30 juin 1565, dans la Coleccion de documentas inéditoSt etc., t. XXVI, p. 544.
2. Mémoire particulier de Saint-Sulpice, du 11 août 1565. — Mémoire ^e Catherine de Médicis, envoyé an S^^ de Fourquevaulx, sur ce qui a été ^t^té à Bayonne, du 28 novembre 1565.