CHAPITRE IX
Gomez, alors que lafils de Charles-Quint n'était encore que prince des Asturies. Soft ambition n'avait pas de bornes. Bien différent en cela de Ruy Gomez, qui jamais ne se targuait de la faveur du roi, et qui évitait jusqu'aux occasions de se montrer en public *, il aimait à faire parade de son crédit ; il était heureux de yojr que chacun lui rendit honneur. Comme il avait le privilège d'entrer dans tous \es conseils *, il n'y avait pas de choses dont il ne cherchât à s'entremettre. Il avait de Tesprit et discourait bien de la plupart des matières, mais il était peu versé dans les affaires d'État. Le roi faisait grand cas de lui, et le consultait trèssouvent ^. A la dignité épiscopale et à la charge éminente
1. « Ray Gomez.... ne' suoi ragionamenti non si vanta mai délia grazia ch' egli abbia col re. Dai luoghi pubblici sta lontano più che tutti gU altri, ne si vedo cb' egli cerchi di lasciarsi yeder al volgo^ per go(Jero di quello cbe sogliono goder yolenlicri gli uomini vani.... » (Relation d'Antonio Tiepolo, do 1572, déjà citée, p. 219.)
2. C'était surtout pour la décharge de sa conscience que Philippe [I avait donné à son confesseur l'entrée dans tous les conseils : « Questa
» sua devozione è una délie principal! cause che gli ha fatto porre il rêve- » rendissimo vescovo di Cuenca suo confessore in tutti i consigli, e vo- » lerlo présente in tutte 11 deliberazioni per discarico délia sua coscicnza, » parendogli cbe essendo quello présente, e dicendo lui la opinione sua » in tutti i negozi, lei non debba restar caricata di alcuna operazione. » (Relation de Giovanni Soranzo, déjà citée, p. 112.)
3. a .... 11 confessore del re,... quanto si possa imaginar ambizioso, onde facilmente abbracia quanti negozi gli vengono proposti, c s'intromette in moite cose, desiderando cbe si conosca quanto vaglia e possa... . » (Relation de Paolo Tiepolo, déjà citée, p. 68.) — a II vescovo di Cuenca, confessore di S. M., fr^e deir ordine di S. Francesco, uominato fra Bernardo di Fresned'a, nàto in dette luogo di Castiglia cosi bassamente che non vien nominato alcun sao parente, è asceso in tanta grandczza côn la sua buona fôrluna e con l'ajuto e favore di Ruy Gomez, Il quale lo fece accettare da S. M. p^r confessore mentre era principe É ambiziosissimo, s'intromette in tutti i negozi, entra in tutti i consigli, ed ha molto piacere d'es&er fatlo capo in tutte le cose e d'esser molto onorato da tutti.... Ha noiue di saper poco, e particolarmente dei maneggi di Slato — Il re lo stima molto, communicaudo con lui lutte lo cose, e spesse voile lo vuole iii caméra solo, e con lui sta lungamenle. L'autorità. e grandezza
au DON CARLOS ET PHILIPPE II
de confesseur il réunissait les fonctions "de commissaire de la cruzada * ; en Tabsence de rarchevcque Valdcs, il le suppléait comme inquisiteur général, et il remplissait l'office de grand chapelain quand l'archevcque de Saint-Jacques n'était pas à la cour ^.
Apres les ministres qui viennent d'être nommés, le comte de Feria, le prieur don Antonio de Tolède, beau-frère du duc d'Albe, et don Juan Manrique, étaient ceux auxquels le roi accordait le plus de confiance.
Sur les matières de droit public et les questions litigieuses, il ])renait habituellement Tavis du docteur Martin de Velasco 3, des conseils de Castillc, de la càmara et des finianees, qu'Antonio Ferez appelle « un grave personnage de ce » temps-là *. »
Il ne présidait que très-rarement son conseil ; il en expliqua la raison à Antonio Ferez, un jour qu'il discourait familièrement avec lui : « Vous saurez, Antonio Ferez, lui » dit-il, que l'empereur, mon seigneur, me donna sur ce » point un avis tout à fait en particulier; il me dit qu'un roi » ne devait pas tenir en sa présence les conseils d'État, mais » bien ceux de guerre, lorsqu'il était en campagne, parce
sua ogni giorno va crescendo.... » (Relation de Giovanni Sorahio, déjà
cit'^o, p. 90.) — a Il vescovo di Cuenca, confessore di S. M,, che
entra nei cunsigU : persona d'ingegno vivo e che intende e discorre bene délie materle. Ha servito assai, e per le sue mani passano moltissime faccende » (Relation de Sigismondo Cavalli, déjà citée, p. 181.)
1. Nous donnerons, dans le chap. X, quelques détails snr ce subside dont les rois d'Espagne jouissaient en vertu de bulles des papes.