‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 187 sur 358 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

sent voulu y mettre obstacle * ; ils disaient qu'au cas où les iconoclastes se seraient permis, en quelqu'un de leurs villages, les attentats auxquels ils avaient osé se livrer dans les villes principale3 du roi, les seigneurs ne l'auraient pas toléré ; que c'était une chose inouïe qu'il n'y eut eu personne pour prendre la défense de Dieu et du souverain ^. Ils s'indignaient aussi des concessions arrachées à la gouvernante; ils trouvaient qu'elles ne tendaient à rien moins qu'à assurer à chacun la liberté de vivre à sa guise. Les prédicateurs ne se contentaient pas de recommander à leur auditoire de prier Dieu pour le rétablissement de la religion aux Pays-Bas ; ils reprochaient aux Espagnols de rester chez eux les bras croisés, tandis que, dans ces provinces, on violait la sainte Église, leur mère s.

BergheS, Montigny, Tisnacq, Hopperus et tous les Belges qui se trouvaient à Ségovie, étaient consternés ^ . Ils pré-

1. « .... Se publica aqui que oyiera buena resistencia, si no faltara la voluntad, y que en todo ha avido, de parte do VV. SS., mucho descuido, tibieza y floxedad. » (Lettre d'AIonso de Lalûo au comte de Homes, du âO septembre.)

2. « Tienen por verdadero que si qualquier numéro de aquellos vellacos se atreviera de atentar en qualquier village de VV. SS. lo que an acometido en las principales villas de S. M. , que hallaran estorvo, y que lia sido cosa rezia que no aya parecido nadie que lomasse la voz de Dios y del rey. (Ibid,)

3. a .... Se habl^ tanto en ello que aun los predicadores en sus sermones hazen mencion de rogar â Dios por las cosas de Flândes, con repreiiension à los Espanoles que estân aqui con los brazos cruzados, dexando xiolar alla la santa madré Yglesia. »

4. Leurs correspondances montrent les sentiments qu'ils en éprouvaient : « Madame, j'ay entendu, à mon très-grand regret, Testât présent des

affaires de par delà, et les désordres et insolences qui s'y font, que j'ay i,Tandement resentu, comme je doibz, estant vassal et serviteur de S. M. et pour es Ire de la patrie; et n'euisse jamais pensé que les choses fussent venues si avant et que ce peuple se fût tant dismandé.... » (Lettre de Monligny à la duchesse de Parme, du 19 septembre, dans la Correspon-dance de Philipe II , etCi, t. I, p. 465.)

« .... Qaod aulem hic repetam, quo pac'o lamentabilis illc status rcnim

soi DON CARLOS KT PHILIPPE II

voyaient les maux qu'attireraient sur leur patrie les désordres dont elle venait d'être le théâtre, car ils ne doutaient point que tôt ou tard le roi ne se vengeât des offenses qui y avaient été faites à son autorité et à la religion ^ Leur situation était ' pleine do désagréments et d'embarras, au milieu d'une population ouvertement hostile à leur pays; il$ n'osaient presque plus se montrer en public *.

La fià\Te quitta Philippe II le 13 septembre. Il put, quelques jours après, recevoir le seigneur de Saint-Sulpice, que Charles IX et Catherine de Médicis venaient de lui envoyer pour le féliciter sur la naissance de l'infante Isabel-Clara- Eugenia ; le lendemain il alla à la chasse. Au moment qu'il se croyait tout à fait rétabli, il eut de nouveaux accès ® dont il ne fut définitivement délivré qu'au commencement d'octobre ^.

nostrarnm nos hic omnos afflixerît ac consternarit, nihil pnto esse opus. » (Lettre d'Hopperus à Viglius du 4 octobre, dans Joaeh, Hopperi EpUtolœf p. 103.)

« Je no sçauroyc présentement que respondre sur voz lettres du xix* du passé, saulf de déclarer rextrêmo regret que avons eu tous joinctemont des choses si schaudaleuses et ignominieuses que sont advenues par delà, à si notable déshonneur et mcspris do toute la nation.... » (Lettre de Tisnacq à Viglius, du 24 septembre.)

« Son las desvergûenças taies que no pudieran ser mayores, y tin énormes scandales, que S. M. tiene muy grande razon de senlirse y estar indignado de elle.... No creo.quo ay genero de insolencia ni de desacato d Dios y al rey que no se aya cometido. » (Lettre d'Aloiuo do Laloo, du 20 septembre.)

1. «c .... s. M. tarde 6 temprano no podrà dexar de yengarse de tan gran desacato.... » (Lettre d'Alonso de Laloo au comte de Homea, du 26 septembre, dans Montigni/s.leven en dood, Bylage, p. 33.)

2. a .... Las nuovas que an venido an alborotado en taota miM>en que Los que somos de alla no osamos parecer entre gentes.... » (Lettre d'Alonso de Laloo, du 20 septembre.)

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