CHAPITRE X
entendre la messe. Les plaeets qu'on ayait 0Qutume de lui présenter, lorsqu'il s'y rendait, il les faisait recevoir par ses aides de chambre, et remettre directement, sans les lire, aux secrétaires qu'ils concernaient *.
Le 29 octobre, il appela ses ministres à discuter, sous sa présidence, le parti définitif auquel il s'arrêterait pour réprimer la révolte des Pays-Bas ^^ Celui qui parla le premier fut le comte de Chinchon, don Pedro Fernandez de Cabrera y Bobadilla. Il s'exprima avec quelque véhémence sur les excès des Flamands, et opina pour que le roi lui-même allât y mettre fin. Tout autre que le monar(jpe, dit-il, si grand et prudent qu'il fut, ne serait pas bien obéi, et les Allemands le verraient avec déplaisir. Le roi pourrait ne mener à sa
i, « Le roy catholique n'a pas tous les contentements qn'V désireroit : car, en neuf jours qu'il a esté en ceste ville, ne s'est point laissé voir, sinon à l'entrée de son palais, quand il yint;^ «t à son partement, le trentième du passé , il n'avoit que trois chevaux en sa compagnie ; ne mesme R n'est sorty pour ouyr là messe, ains Ta tousjours ouye de la salle, par les treiUis qui voyent en la chapelle. Et des requestes et pétitions infinies qu'on luy a présentées, il les a faictes prendre par ses valets de chambre, et envoyées, sans les lire, aux sieurs de son conseil, et ne s'en est voulu mesler. » (LettÔ de Fourquevaulx à Catherine de Médicis, du 2 novembre 1566.)
Le même jour, Fourquevaulx écrivait à Charles IX : « Le roy est » reparti le 30 pour l'Escurial, afin d'y passer la Toussaint e d'y gagner » le jubilé. »
2. Nous rapportons les discussions du conseil tenu le 29 octobre d'après Cabrera^ Felipe //, liv. VII, chap. vu. Strada (De Bello Belgiw, liv. VI), en donne une relation toute différente, sans indigner la source où il l'a puisée. Cette relation nous paraît apocryphe à plusieurs égards; et; en tout cay, des deux historiens. Cabrera est celui qui mérite le plus de foi lorsqu'il raconte un événement qui s'est passé en Espagne. D'ailleurs il fixe la date précise du conseil, que Strada paraît n'avoir pas connue, et elle est d'accord avec les avis que l'ambassadeur de France, de Fourquevaulx, transmettait à sa cour.
Cabrera cite, parmi les ministres qui assistaient à la séance , Je duc d'Albe, le prince d'Eboli, le prieur don Antonio de Tolède, don Juan Manrique, don Diego d'Espinosa, le comte de CUinchon et les deux secrétaire d'État, Gabriel de Zayas et Antonio Ferez.
Strada désigne, de plus, le comte de Feria et l'évêquo de Cuença.
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suite (luc loïî gons de sa maison et de sa cour, ou très-peu de monde davantage; si toutefois il préférait être accompagné d'une armée, elle devrait être telle qu'elle remplît les rebelles de terreur et qu'il put exécuter librement ce qui aurait été résolu par lui. Lei)rince d'Eboli et le président du conseil de Castille, don Diego d'Espinosa, appuyèrent l'opinion du comte de Cliincbon. Don Juan Manrique la combattît. Se prévalant de rexcrai)le de Tibère, lorsqu'il envoya Germanicus en Allemagne pour faire rentrer dans le devoir les légions qui s'étaient soulevées, il proposa que le roi se fit précéder d'un général qui lui ouvrirait le chemin avec une armée, et (jui, arrivé au duché de Luxembourg, dont les habitants étaient restés loyaux et catholiques, se mettrait en mesure de conquérir les autres provinces, au cas que cela fût nécessaire. Le duc d'Albe, prenant alors la parole, dit que, si l'État seul était on péril par la révolte des Pays-Bas, il ne serait point opposé à ce que le roi attendit, pour la dompter, le moment où il ])ourrait se rendre dans ces provinces, mais ([u'il s'agissait do la défense de la religion, du culte divin, des temples, des sacrements, des images et (\es ministres de Dieu, et qu'il fallait, obéissant à Dieu même, adopter des mesures immédiates contre ceux qui ne resi^ectaient pas sa loi. « Sous prétexte de la religion, ajouta-t-il, les rebelles » donnent carrière à leurs convoitises, à leur cruauté^ à leur » arrogance ; ils saccagent les temples et oppriment le pays. ») Leur méchanceté est arrivée à un tel point, qu'il convient » d'étouffer dans leur sang la fausse doctrine dont ils sont » imbus. On ne doit pas les recevoir en grâce, encore qu'ils » se soumettent, à moins qu'ils ne témoignent un sincère » repentir et une obéissance absolue à ce que Sa Majesté » jugera à propos de leur prescrire : par là une crainte saluai taire sera imprimée aux vassaux des autres royaumes qui