CHAPITRE X
» seraient tentés de les imiter..... Le feu de la sédition » aurait été éteint dès le principe, si l'on n'avait eu égard à » tant de raisons alléguées par le souverain-pontife, par » l'Empereur, par d'autres potentats et par la gouvernante : » car, supposé mé^ie ^ue le peuple eût eu des griefs fondés, » du moment qu'il se soulevait, il n'y avait pas à hésiter, » il fallait châtier son insolence, afin qu'il ne s'habituât pas à x> obtenir par l'émeute ce qu'il prétendrait injustement. Le » secours des lois et des ministres ordinaires serait tardif; » les circonstances réclament des ministres extraordinaires » et qui agissent avec célérité. L'ordre à tenir dans cette » guerre doit faire Tobjet d'instructions écrites, et il est né- » cessaire d'en confier la direction à des capitaines capables. » Quand la mer est calme, il n'importe guère que le gou- » vernail soit tenu par des mains peu exercées ; mais, dans * la tempête, il est besoin d'un piloté expérimenté, généreux, » sage *. »
Ce langage devait plaire particulièrement au roi ; peut-être même avait-il été concerté entre lui et le duc d'Albe. Il est assez probable en effet que, décidé à employer la force contre les peuples des Pays-Bas, il avait déjà jeté les yeux sur don Fernando Alvarez de Tolède *, comme sur le général le plus propre à commander ses troupes, et le ministre qui exécuterait le mieux le châtiment qu'il s'apprêtait à infliger à des
1. <x En el mar sosegado apenas importaba entregar el timon à qoien no sapiese mucho, pero en la tempestad se fiase à esperto, generoso,sabio. » (Cabrera, Felipe //, liv. VU, chap. vu.)
2. Dans un avis ou mémoire du commencement d'octobre 1566, Fourquevaulx mandait à Charles IX : a Sera grand'chose si le duc d'Albe ne » passera premièrement pour aller dresser les affaires et recevoir la masse» V car il s'en est parlé au conseil qui s'est tenu le dimanche au fiosc (au » bois de Ségovie) ; lequel duc a la goutte en ses deux pieds. »
Dans le public, on désignait le dac d'Albe, le comte de Feria, le marquis de Pescaire, le duc de Savoio el le duc de Parme comme ceux e»tre lesquels le roi devait faire son choix. *
marquait ainsi ses volonlés à son ambassadeur, par les prescriptions suivantes : « Vous parlerez à Sa Sainteté sur » tout cela, lui en témoignant un grand déplaisir, dans les » termes qui pour cet effet vous paraîtront à propos ; et par » votre prudencb et votre dextérité, vous ferez en sorte qu a » l'avenir elle use de moyens convenables et non violents » comme elle Ta fait cette fois, en vous servant, quand vous » lui adresserez la parole, de ces propres expressions. Vous » lui donnerez à entendre qu'en nous pressant hors de saison » et sans considération (la mission donnée à Tévéque d'As- » coli a ce double caractère, surtout par la manière dont il n s'en est acquitté), elle me mettrait dans l'impossibilité de » me conformer en tout à ses désirs : ce que je regretterais » extrêmement, et voudrais éviter de tout mon pouvoir. » Vous insisterez là-dessus avec tant de fermeté que Sa » Sainteté comprenne, comme nous le désirons, à quel point » nous ressentons la façon dont on a agi envers nous, qui » est si opposée à notre condition, et que ne méritaient point » l'amour, le respect et la déféreYice avec lesquels je me » suis conduit et me conduis toujours envers elle. Vous » voyez, en effet, de quelle importance il est que ni Sa Sain- » teté ni ceux qui sont auprès d'elle et la conseillent ne » s'imaginent que c'est là le moyen de nous faire faire ce » qu'ils voudraient, mais qu'ils reconnaissent, au contraire^ » combien l'on s'est trompé et l'on a risqué en cela, et qu'à » l'avenir il y ait, ainsi que l'exigent le service de Dieu, le
yo ; y el medio de la negociacion con ellos y trato es tan malo y pernicioso para el scrvicio de Dios y establecimiento de nuestra santa fe catdlica, que yo lie querido ponerme antcs à aventura de l|k gnerra, con todos los inconvcnientes y dafïos que délia se me podrian seguir, qae Tenir à condesconder en haverles de pcrmitir ninguna cosa que fuesse contra alla ni de la auctoridad dessa sancta sedo : lo quai, en veniendo d tratos y capitulacionos, no podria escusarso.... (Lettre du 26 novemlire 1506.)