‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 202 sur 358 · CHAPITRE XI â · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI â

répondit au nom de l'assemblée. 11 dit, en adressant la parole au monarque lui-même, que les cortès étaient informées des dépenses notables qu'il avait été obligé de soutenir, pour avoir reçu de Dieu la double mission de résister au Turc, ennemi déclaré du nom chrétien, et de remédier aux erreurs et aux mauvaises doctrines qui avaient cours dans la chrétienté; qu'elles savaient également les sacrifices qu'exigeait l'état des Pays-Bas, de ces très-importantes provinces ^ qui, en partie du moins, par leur adhésion aux opinions des prédicateurs d'hérésies, s'étaient séparées de la communion de l'Église catholique, et avaient abjuré à la fois l'obéissance due à Dieu et à leur souverain légitime. Tout en reconnaissant que la présence du roi dans les mêmes provinces semblait être nécessaire , l'orateur insinua que, s'il pouvait ne pas y aller, ce serait pour ses sujets de Castille une grande faveur, un grand bénéfice, un grand contentement *. Il loua ensuite la très-sainte intention, la sagesse, la prudence que le roi avait montrées, les peines qu'il avait prises dans le gouvernement de ses royaumes et qui avaient tourné à la gloire de Dieu, à la sienne propre, au bonheur et à la prospérité de ses sujets. Il ajouta — et la chose paraîtrait bien étrange, si les harangues officielles que nous a transmises l'histoire n'étaient pleines de ces fades adulations — il ajouta que la félicité de la nation était d'autant plus assurée, que le

(iépatés de chacune des cités ou villes suivantes : Burgo§, Tolède, Léon, Grenade, Séville, Gordoue, Murcie, Jaën, Ségovie, Salamanque, Soria, Ayila, Zàmora, Valladolid, Cuenca, Guadalaxara, Madrid, Toro.

Les villes de Burgos et de Tolède, ainsi que nous l'avons dit, p. 56, se disputaient la préséance dans leur assemblée. Gomme l'usage l'attribuait ^ la première, Tolède ne voulait pas venir après, et ses députés donnaient leur vote les derniers de tous.

'l. « Que son Estados de grandisima importancia. »

S. « .... Séria para vuestros sûbditos suma merced, snmo beneScio, shïho contentamiento.... »

monarque se perpétuait dans le prince des Asturies, en qui resplendissaient la grandeur, la clémence, la magnanimité, la magnificence et les autres vertus de son père, qu'il imitait de la manière la plus heureuse *. Il conclut son discours par des protestations de zèle et de dévouement *.

Philippe remercia les certes en quelques mots ; il les invita à s'occuper sans délai des affaires pour lesquelles elles étaient convoquées ; après quoi il leva la séance et se retira dans ses appartements ^,

Dans les conférences particulières que les procuradores tinrent entre eux, la question du gouvernement que le roi laisserait en Espagne pendant son absence fut surtout agitée. La majorité était d'avis que le prince des Asturies demeurât h Madrid comme lieutenant-général de son père, de même que le roi actuel Tavait été de l'empereur, au départ de Charles-Quint pour les Pays-Bas en 1542. Don Carlos eut connaissance de l'intention exprimée par les cortès : il avait juré qu'il accompagnerait le roi aux Pays-Bas; il avai'même déjà fait des apprêts pour ce voyage * ; il ressentit u^ vif déplaisir de l'opinion que manifestaient les députés des communes de Castille. Suivant son habitude de se mettre ^ retraite dans quelque monastère à l'époque des grat^"^ solennités religieuses, Philippe II avait quitté Madrid le 2S8 ^

1. « .... Y esta fellcidad y bienayenturanza es tanto mayor qnantc» ^^ se perpétua en el muy alto y muy poderoso principe nueslro *efi<^*^' . quien admirablemente resplandesce la grandeza, clemeDda, magRuâs^^^^ y magnificencia, con las otras grandes ^irtudes de Vuestra Ma^iestad ^ una felicisima imitacion. »

â. Actàs de las cartes de Castilla, t. II, p. 32.

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