CHAPITRE XI
roi. — Incarlitade qui existe encore aujourd'hui sur le poial de savoir si Philippe II eut réellement la volonté de partir pour les Pays-Bas. — Propos que Philippe tient là-dessus à la reine Elisabeth. — Conjectures sur les motifs pour lesquels il aurait changé de dessein, au cas qu'il eût été décidé d'abord à faire ce voyage. — Conclusion.
Les cortès de Castille avaient été convoquées pour le 1" décen)bre 1866. Philippe II en fit l'ouverture le H décembre, au palais de Madrid, entouré des grands officiers de sa maison, de Diego d'Espinosa, à qui appartenait la présidence de cette assemblée en sa qualité de président du conseil royal, du licencié Francisco de Menchaca, du docteur Martin de Velasco et du secrétaire d'État Francisco de Erasso, désignés pour assister le président. Le roi était assis sous un dais. Auprès de lui se trouvait le prince son fils *.
La proposition fut lue par le secrétaire Erasso. Ce ministre y rappelait d'abord que, depuis les cortès de 1563, le roi avait tenu sa résidence continuelle dans ses royaumes d'Espagne, comme étant le siège, la tête et la partie principale de ses États, et en considération aussi de l'amour réciproque qu'il y avait entre lui et ses vassaux de ces royaumes ^. Il exposait ensuite ce que le roi avait fait, durant ces trois années, pour le maintien de la foi catholique et de l'obéissance due au saint-siège, pour l'exacte administration de la justice, pour la défense et garde de ses royaumes contre les agressions des Turcs et des Algériens. Les troubles des Pays-Bas étaient, après cela, l'objet dont il entretenait les cortès : ff Vous aurez appris, leur disait-il, les nouveautés, les émo- » .tions qui se sont manifestées dans les Etats de Flandre, et
1. Actas de las cartes de Caslilla, publicadas por acuerdo del congreso de los diputadis ; in fol, t. Il, 1862, p. 20.
2. « .... Por ser, como son, la silla, cabeza y principal parte de sus Estados, y por el amor que les tiene y sabe que en elles se le tiene d Sa Majestad.... » {ibid.)
I» VOUS pnuvpz vnus former une idée de la nécessité, de
* l'urgence mémo qu'il y a d'y remédier, tant par rapport « à ce qui touche le service de Dieu, notre seigneur, qu'afin » de prévenir la perte de provinces qui sont d'une teUe
* importance. Sa Majesté a |iris et fait prendre tontes les » mesures qui étaient possibles en son absence ; elle a em- » ployé à propos les autres moyens et expédients convena- » blés pour arrêter les progrès du mal et pacifier lesdits » Étals : mais tout cela n'a point suffi, et il faut qu'elle 's'y » rende en personne, afin d'appliquer le vrai el entier re- » mède (|u*exige la situation des affaires. Vous jugerez des » grandes dépenses auxquelles Sa Majesté aura à fournir et, i> par conséquent, des grandes sommes de deniers dont àk « aura besoin pour cette entreprise; vous apprécierez en » même temps le devoir qu'elle a de l'exécuter ; vous con- » sidérerez enfin à (juel point cela est essentiel, non-seale- » ment pour la conservation des Pays-Bas, mais encore pour » celle des autres provinces de la monarchie. » L'orateur terminait en signalant aux cortès l'état fâcheux du patrimoine royal, qu'avaient obéré les guerres du règne précédent el celles que le roi avait eu à soutenir. Il dédarail que, si le roi n'était aidé, il lui serait impossible de remplir les obligations attachées à sa couronne. « Et ainsi, con^" » niiail-il, Sa Majesté vous prie, comme de si fidèles etloyaW »> vassaux, d'examiner les objets qui viennent de vous êtt® » exposés, avec cet amour, cette ancienne fidélité que c^ » royaumes ont accoutumé de témoigner à Sa Majesté ^ » aux rois ses prédécesseurs, de glorieuse mémoire, el dy » donner l'ordre qu'il convient *. »
Crisloval de Miranda, l'un des procuradores de Burgo3 '