‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 211 sur 358 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

prouvent que le cœur de don Carlos n'était pas inaccessible à des sentiments généreux. Ainsi nous apprenons par ses ôomptes, qu'il pourvoyait à l'entretien et à l'éducation d'enfants qui avaient été abandonnés *; nous y remarquons encore qu'un malheureux prisonnier pour dettes ayant eu recours à lui, il lui fit tenir la somme dont il avait besoin pour sortir de prison *. C'est que ce prince, comme le remarque Brantôme, était plein de bizarreries. Ne fit-il pas un jour dire des messes pour retrouver des pierres précieuses qu'il avait perdues ^ ?

La scène faite par don Carlos aux représentants de la nation, ses démêlés notoires avec le roi, sa conduite brutale envers les officiers de sa maison, les actes de violence auxquels trop souvent il se laissait aller, tout cela était commenté à Madrid d'une manière qui n'était rien moins qu'à son avantage. Dans le même temps, le public s'émut d'un bruit dont la ville était remplie : on disait que le prince n'accomplissait plus avec régularité ses devoirs religieux, qu'il ne s'était pas confessé à l'époque où il avait coutume de le faire *. Ce bruit était-il fondé î On comprend que les éléments nous manquent pour le confirmer ou le démentir ^

1. Voy. les extraits donnés dans la Coleccion de documentas inéditos^ etc., t. XXVII, pp. 44, 45, 84, 89, 90, 104. — Nous possédons d'autres extraits du même genre.

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