I. Voy. p
â. M. DK Castro, Uistoria de los protettantes eipanol$$, p. ST7, dte cette lettre d'après an manascrit existant à la bibliothèque de l'aroheréolié de Tolède ; mais il lui assigne à tort la date de décembre 1567 : c'est de décembre 1566 qu'elle doit être. — Prescott, History of th$ r$ign of Philip Ihe Second, en dit aussi quelques mots.
3. Cette lettre, datée du 18 mars 156T, a été pnbUée dans El bibiiO' tecario y el trovador espanol^ Coleceion de doeumentM interetanUi gohre nuestra hisloria nacional, etc., Madrid, Sancha, 1841, in-fol., t. II, p. 91.
M. DE Castro, qui en a eu connaissance d'après un inaniiscril de la bibliothèque nationale de Madrid, lui donne la date du 18 mars 1568 (Hisloria de los protestantes espatloles, p. 367). Il est évident qui! se trompe sur cette date, comme sur celle de l'autre lettre de Suarex.
Indépendamment du contenu môme de la lettre, qui montre qu'elle se rapporte à Tannée 1567 et non à 1568, il y a une remarque dédsÎYe qui se présente à Tesprit : c'est qu'après rarrestation de don GarioSi le doe-
jGHAPITRE XI S99
S'autarisant d'une maxime de Ga^on, qui vçut qu'en donne des conseils à ceux mêmes qui n'en dem^nd^nt pa3i quand oi> les aime bien, il lui disait : « Je dois ^imer Votre Altesse; » je l'aime comme mon seigneur naturel, et particulière- » ment pour la faveur signalée dont elle a toujours daigné I) m'honorer. Par ce motif, je ne cesse de m'inquiéter des 9 soucis que doit nécessairement avoir Votre Altesse, en son- )> géant à l'état si périlleux où sont ses affaires, d'après «e ») qu'on en rapporte ; et je souhaite ardemment qu'elle finisse » par comprendre qu'elles ont empiré au point que moi, qui » désirerais tant les voir prospérer, je crains qu'elles n'aient » U pire issue dont on puisse se faire une idée *. »
Il lui rappelait ensuite que souvent, de bouche et par écrit, il lui ^vait parlé le langage de la vérité ; il lui déclarait qu'il était obligé actuellement de le lui faire eptendre avec plus de clarté encore, et de manière que peut-être il ne pourrait pas le souffrir; mais il protestait que cette franchise lui était imposée par son zèle pour.le service du prince, dont il regardait la perte comme inévitable, s'il ne changeait pas de conduite : « Votre Altesse — continuait-il — a commencé de » faire quelque chose du plus mauvais exemple et du plus » déplorable effet, en ne se confessant pas. Que peut-il en » résulter qui ne soit très-fàcheux pour elle? Votre Altesse R doit parfaitement concevoir qu'en se faisant l'ennemi de .
leur Saarez se serait gardé de l'écrire; tonte relation du prince avec le dehors fut*alors, comme on le verra, rigoureusement interdite par le roi. 1. ce Yo debo amar â V. A., y hlgolo como à sefior mio natural, y particularmente por la merccd y particular favor que siempre ha sido servido hacerme; y ansi siempre tengo cuidado grande del mucho que entiendo que de fuerza ha de fatigar â V. A., teniendo sus negocios en tan peligroso estado como enliendo que eslân ; y deseo en estremo que eche de ver V. A. que se han empeorado de suerte que à ml, que lanlo deseo la mejoria de elios, otro tanto lemo el suceso que pueden tener y que sea el peor que se puede imaginar. »
» son père et en lui désobéissant, elle agit mal ; qu'en outre » elle offense Dieu. Et comment veut-elle ainsi que quel- )) qu'un des plans qu'elle ^ formés lui réussisse? C'est ce qni » frappe tout le monde; et Votre Altesse elle-même montre » qu'elle en est frappée autant que personne. 11 y a plus : » elle le reconnaît en ne se confessant point, car, si le cas » ne lui paraissait pas si mauvais qu'il ne souffre ni confes- » sion ni communion, elle nese tiendrait pas éloignée de la » sainte table *. »
Suarcz disait sans détour au prince que le nombre de ses ennemis devenait de jour en jour plus grand, et qu'il n'avait point d'amis : comment pouvait-il en avoir, alors quecha- ' cun était instruit de la mésintelligence qui régnait entre lui et son père ^ ? « 0 seigneur très-éminent ! — poursuivait-i' » — par vos pauvres domestiques qui vous ont servi si » longtemps sans récompense ! par ces royaumes auxquelSi » à votre naissance, vous avez coûté tant de larmes ! par te » saint fray Diego qui vous a sauvé miraculeusement la vie . » par Dieu lui-même qui vous la donna, et à qui VoW"^ » Altesse doit d'être appelée àgouvernerun jour une si graï^^^ M monarchie ! votre esclave soussigné supplie très-humb^^ » ment Votre Altesse dese convertir à ce Dieu, de l'învoqu^^ » de se soumettre à sa loi. Elle remportera ainsi la vraie o^
1 . a V. A. ha comenzado cosa de tan mala nota y egemplo como 0^^ confesarse. i Y que suceso puede de esto salir que no sea de mall^** calidad como es ello ? Y V. A. enticnde mny bien que cnanto pret^^ por via de enomistad y désobéi iencia con sa padre, es malo y ofensa de Dios i Pues como quiere V. A. qae cosa de enantas desea buena salida? Y esto se ye por todos, y V. A. déclara que lo ve que nadie, y nun lo confiesa en no confesarse, pues si no fnese vi^9 que es tan malo que no sufre confcsion ni comnnion, ni se babria V " apartado de ella. »
2. f( .... V. A. gana cada dia enemigos declarados... AfidoDadoi se los veo ni quien tenga ocasion de servirle; y yiôndole enemigo di padre, nadie lo ha de hacer.... »
» plus belle victoire ; elle sera assurée de réussir dans ces af- » faires qui lui causent tant de soucis. En se soumettant à » la loi de Dieu, Votre Altesse gardera ses commandements;* » elle honorera son père et lui obéira ; elle suivra en tout sa » volonté et aura plaisir à la suivre. Et il en résultera que » tout se fera selon les désirs de Votre Altesse; que Dieu lui- » même en favorisera l'accomplissement, comme il le lit
» toujours pour les enfants obéissants à leurs pères *
Suarez avait souvent demandé au prince sur quoi il se fondait pour espérer qu'en désobéissant au roi et en agissant contre son gré, il parviendrait à ses fins; il le lui demandait encore. De tels moyens, s'il en avait, ne pouvaient qu'être en opposition avec les préceptes de Dieu et contraires à toute bonté * ; s'il n'en avait pas, il fournirait un prétexte à ses ennemis de le taxer de folie et d'incapacité ^. Suarez en venait alors aux actes qui avaient, en dernier lieu, excité l'animadversion publique : au soufflet donné par le prince à don Alonso de Côrdoba, à la menace qu'il avait faite à don
1. oc ] Ob senor muy alto ! por sus pobres criados que tanto tiempb le han seryido sin premio ! por estos reynos que tantas làgrimas le costô su vida I por el sanio fray Diegp à quien tanto desea honrar por el milagro de ella, y por el mismo Dios que se là diô, a quien V. A. debe de haberle hecho sucesor de tenta monarqnia, snpUca humilisimamente este sa siervo à V. A. se convierla à él, y se llame à él y se deje vencer de solo él : con que ganari la verdadera y mejor Victoria; y con ella tenerla cierta en estos negocios que tan caulivo, y con vida de peor, traen à V. A. ; y dejândose vencer de Dios, guardarà V. A. sus mandamientos, reverenciarâ y obedecerà à su padro, sej|;uirà en todo su voluntad y gustarâ de seguirla; y seguiràse de elio que todo se haga à la de V. A. y que Dios lo encamine a ella, como siempre lo hizo con hijos obedientes a sus padres.... »
2. a .... Aunque teniéndolos, serian tan contra Dios y su ley y toda bondad.... y>
3. « .... Pensarlo, no habiendo atguno, es tan de todo punto condenado y oc-asionado a que haya atrevimiento, como para que los enemigos de V. A. le tengan de decir que es locura y falta de capacidad..... »
Fadrique Enriquez de le poignarder, aux vingt-lrois chevaux qu'il avajl accablés de coups et criblés de blessures ^ ; il 'ajoutait : « Que Votre Altesse songe à ce que feroqt etdironl » les gens, lorsqu'ils apprendront qu'elle ne va pas à qonn fesse, et lorsqu'on découvrira, de plus, certaines choses » qui sont terribles au point que le saint-office aurait à s'en » mêler, s'il s'agissait d'une autre personne, pour savoir si » elle est chrétienne ou non *. »
Enfin il lui faisait entendre qu'il s'exposait à perdre 3on état et, ce qui était pire encore, son àme ^ ; que lui, Suaifz, n'y voyait pas de remède et qu'il s'en affligeait : il lui réitérait le conseil de se tourner vers Dieu et vers son père j il l'engageait à se mettre en rapport avec des hommes fi^gjs^ et sincères, et particulièrement avec le président du conseil de Castille, qui l'éclaireraient sur la conduite qu'il devait (enir.
Il concluait en le suppliant d'employer à réfléchir sur an sujet aussi grave un peu du temps qu'il consacrait à discourir à sa fantaisie, d'une manière préjudiciable à lui aussi bien qu'aux autres *•
Cette épître, non moins hardie que respectueuse, ne dut
1 . K Con esto hace V. A. cuanto les paresce ^e no paresce bien i. las gentes; y solemnizan los bofetones, y lo de don Fadrique, y el encerrarse V A. cinco Iipras y hacer mal à vainte y très cabaUoB y nq dejar oosa sana. . . »
â. a Vea V. A. que harân y diràn todos, coando sa endenda qae no «0 confiesa, y se hayan descubriendo otras cosas terribles, qne lo son tanio que llegan a que el santo oficio tubiera mucha^ entrada con otro, par^ saber si era cristiano ô no. »
Quelles pouvaient être les choses terribles dont Suarez parle ici, s'U n^ s'agissait de l'inexactitude de don Carlos à remplir ses devoirs rcUgieox 9^ à s'approcher de la sainte table?
3. oc Finalmente yo declaro à V. A. que coqre peligro del estado y, I que peor es, del aima.... »
4. «c .... Torno à suplicar a V. A. que de caanto tiempo gasta en dis currir à su voluntad y apétito, en dano suyo y de todos, qaq V. A. i haga algun rato en esto en que va tanlo provecbo.... »