CHAPITRE XI 32i
plusieurs mois, Philippe s'appliqua à convaincre le monde que sa ferme volonté était de passer en Flandre : seulement il ne songeait plus à s'y rendre par l'Italie et TAllemagne (ce. détour aurait entraîné un trop long retard et la saison était déjà avancée), mais il s'embarquerait à laCorogne pour traverser l'Océan . Ce fut dans ce sens qu'il fit faire, par ses ambassadeurs, des communications aux cours de Rome, de Portugal, d'Autriche, de France, et qu'il écrivit à la régente des Pays-Bas, ainsi qu'au cardinal de Granvelle : « Ceux » qui ne croient pas à mon voyage, mandait-il à ce dernier, » achèveront bientôt de se désabuser : ils verront le contraire » de ce qu'ils répandent avec tant de malice ^ »
Le 26 juin, le prince des Asturies, les deux archiducs Rodolphe» et Ernest et don Juan d'Autriche, reçurent de sa bouche l'avis de se préparer à l'accompagner *. Don Carlos était dans l'enchantement : ayant rencontré chez la reine l'ambassadeur de France et le jeune seigneur de l'Aubespine que Charles IX venait d'envoyer en mission à Madrid, il les pria de demander au roi leur maître un passe-port pour tous ses grands chevaux, qui étaient au nombre d'une cinquantaine au moins ^.
Philippe renouvela, le IS juillet, à son fils, la recommandation de hâter les dispositions qu'il avait à faire *. Quelques jours après, il en causa aussi avec les princes ses neveux,
1. Voy., dans les documentos inéditos t. XXVUI, p. 461, sa lettre du 93 juin 1567 à don Hernando Carrillo, son ambassadeur à Lisbonne, et, dans la Correspondance de Philippe 11 sur les affaires des Pays-Bas, 1. 1; pp. CLiv, 550 et 564, ses lettres à la duchesse de Parme et au cardinal de Granvelle.
2. Lettre de Dietrichstein à l'empereur, du 27 Juin 1567, dans Kogh, Quellènj etc., p. 191. — Lettre de Fourquevaulx à Catherine de Médicis, du 30 juin.