CHAPITRE XI
qu'il regardait sa présence dans ces provinces comme indispensable *. Le prince d'Eboli, qui â\iait poussé de tout son pouvoir à ce voyage, car, à ses yeux, les intérêts et la réputation de son maître l'exigeaient impérieusement 2, déclarait à Fourquevaulx que « s'embarquer en septembre serait na- » viguer en homme qui se veut perdre et faire perdre les » siens 3. » Dans la nuit du 21 au 22 août arriva un courrier du duc d'Albe, expédié de Luxembourg, et annonçant que le duc était entré sans obstacle dans les Pavs-Bas *. Un second courrier suivit de près le premier. Personne ne supposait déjà plus que le roi dut se mettre en route ; la saison était décidément trop avancée ^. Le nonce, ayant demandé audience, dit à Philippe II, « avec toute la révérence conve- » nable, » qu'il regretterait de n'être pas allé en Flandre ; il l'assura que le saint-père en éprouverait une grande douleur®, et il ne craignit pas d'ajouter que le monde en porterait un jugement qui lui serait peu favorable '^. Philippe répondit à l'archevêque de Rossano qu'il informerait bientôt Sa Sainteté des causes qui l'avaient retenu à Madrid, ainsi que de ses intentions ultérieures, et qu'il lui en ferait donner avis à lui-même , mais seulement lorsqu'il serait instruit d'une chose qu'il devait apprendre dans quelques jours «.
1. Lettres de l'archevêque de Rossano, du H et du 21 août 1567.