CHAPITRE XI
les motifs qu il allégua afin d* en justifier la remise à un autre temps, alors que, les mêmes motifs n'existant plus Tannée suivante, il démentit encore une fois son langage par sa conduite?
Cette hypothèse acceptée, nous croirions plutôt qu'il aurait changé de dessein à cause de l'embarras que lui causait son fils : appréhendant, à un égal degré, de le laisser en Espagne comme gouverneur de ses royaumes, ou de l'emmener aux Pays-Bas, dont il serait forcé de lui confier aussi le gouvernements On pourrait même aller plus loin, en supposant avec Fourquevaulx que, las des déportements et de la désobéissance de don Carlos, il aurait voulu attendre, pour prendre un parti, les couches prochaines de la reine ^.
En dernière analyse, nous inclinerions assez à trouver la véritable explication de la conduite de Philippe II dans ce que Chantonay écrivait, quelque temps auparavant, à son frère le cardinal de Ûranvelle : « Il ne fault doubter — ainsi » s'exprimait-il — qu'on ne donne plustost les millions que » de passer en Flandres; c'est abus d'entendre aultre
» chose Et suis encoires en mon opinion, que, quoique
^ doibge advenir, il ne viendra aux Pays-Bas : car il a ^ opinion qu'il n'y est aymé, et que ces pays ne se contien-
'l. L'archevêque de Rossano écrivait, le 7 janvier 1567, au cardinal ^lessandrino : « Ha ancora il re qualche difficoltà nella persona del prin- ' cipe : lassarlo al governo non li pare hene ; condurlo non li pare con- ' veniente. . (MS. X 172 de la Bibliothèque de Madrid, p. 245.)
2. a Le prince d'Eboli m'a dit.... que je laissasse venir les couches et lélivrance de la royne calholicque : car, selon le fruict que Dieu luy donnera, on prendra résolution et parti.... Ce propos me faict songer s'il vouliroit point entendre que, si la royne voslre fille faira un fds, ils ayent '^y pensé de donner au roy la fille aisnée de l'empereur, laissant le prince d'Bspagne en blanc... » (Lettre de Fourquevaulx à Catherine de Médicis, du ^23 septembre 1567.) ^^sabeth accoucha, le 10 octobre, d'une ûlle, que l'archiduc Rodolphe
» lient en son obéissance que invili et de peur de tomber » en pires mains ^ »
tint sur les fonls avec la princesse dona Jaana, et qui fut nommée Calalina, en l'honneur de Catherine de Médicis, son aïeule.
1. Lettre du i!2 mai 1565 , dans les Papiers d* État' du cardinal de Granvelle, t. IX, p. 184.