CHAPITRE XII
finances se défiaient du prince ; ils savaient que., s'il empruntait souvent, il ne rendait jamais. Osorio et Cuadra eurent un médiocre succès dans leurs négociations : quelques milliers de ducats furent tout ce qu ils parvinrent à recueillir*.
Il en fallait six cent mille ^ à don Carlos, selon les calculs qu'il avait faits. Itdonna Tordre à Osorio dé se rendre à Séville, pour y tenter de nouvelles démarches. Il lui remit douze lettres de créance en blanc, signées de sa main ; Osorio devait s'en servir selon les indications que lui fourniraient le
d'un compte de Juan Marlinez de la Gaadra qu'on trouve dans la liasse 1110 des Contadurias générales, aux Archives de Simancas :
a A Garci Alvares Osorio, trescientos ducados que> por carta de Sa Alteza firmada de su nombre, le dio en Médina del Gampo à buena cuenta de lo qvip oviese de gastar en las postas y otras cosas que oviese menester en ir desde Médina del Gampo à Benamexl, en busca de Diego Bernuy, y à otras partes donde iba por ôrden de Su Alteza, y volver a Madrid. . .
-2> Al dicho Osorio olros cien cincuenla ducados mas, à buena cuenta que Su AUeza mandé de palabra al dicho Guadra enviase à la ciudad de Toledo al dicho Osorio, para que volviese à, Sevilla, donde Su Alteza le mandava ir à cosas de su servicio 9
A la marge du premier de ces articles, est la note que nous allons transcrire : a Garta missiva de S. A. firmada de su nombre en 31 de otubre » de 1567, para que el dicho Guadra entregasse a Osorio el dinero que » oviese menester para sus postas y su camino de ida y vuelta de cierlo » viage que le mandava hacer... »
On apprend, par cette note, que, dès le mois d'octobre, don Garlos s'occupait de ramasser de l'argent.
Quant à Juan Martinez de la Guadra, la lettre de don Garlos à Osorio, Mu 1®*" décembre 1567, que Van der Hammen a publiée dans Don Juan de Auslria, Madrid, 1627, in-4o, fol. 39, fait voir qu'il fut aussi employé dans ces négociations.
i . Lettre citée du 1er décembre 1567.
2. Dans la lettre du ler décembre, on lit : « Aviéndose hecho aquella » cuenta de lo que forçozamente he menester para cumplir lo que tengo M ordenado, parece que Uegan à 600,000 ducados (en chiffres) ; » et, quelques lignes plus bas : oc Aveis de tener entendido que no solo aveis » de procurar de aver los dichos cien mil ducados {en toutes lettres). » L'un ou l'autre de ces deux passages renferme une erreur d'impression, et c'est vraisemblablement le second.
comte de Gelves ^ et Jiian Niinez de lllescas. Il lui recommanda d'agir avec secret et circonspection, et de réclamer le niome secret des personnes avec lesquelles il traiterait*. Il lui prescrivit en lin de stipuler des termes de remboursement aussi longs que possible*.
Les lettres de créance qu'il lui transmit étaient de la teneur suivante : « Garci Alvarez Osorio,. ;iide de macham-
• biv, qui vous délivrera celle-ci, vous demandera, de ma
• part, le prêt d'une certaine somme d'argent pour une né- » cessité impérieuse et très-urgente. Je vous prie et charge » beaucoup d*y satisfaire : outre que vous remplirez ainsi » votre devoir de vassal, vous nie ferez un grand plaisir. En » ce qui touche Te remboursement, je m'en rapporte audit » Osorio. Je ratifie d'avance ce dont il conviendra avec » vous*. »
Nous manquons de renseignements positifs sur le résultat du voyage d'Osorio à Séville. Cabrera prétend qu'il en rp-
1. Le comic de Gelves avait été chambellan de don Carlos. En 1561, don Garcia de Tolède, ayant décoavert- qu'il faisait apporter secrètement toute sorte de ntets dans la chambre du prince et flattait ainsi son penchant à la gourmandise, le fit renvoyer. (Lettre de Paolo Tiepolo do 27 août 1561.)