CHAPITRE XII
vint avec cent cinquante mille ducats et des lettres de change pour le reste des six cent mille * : cette assertion est certainement inexacte. Lorsque don Carlos fut arrêté, on ne trouva presque pas d'argent dans ses coffres ^, et une particularité que nous fournit un document authentique, prouve qu'en effet il devait en avoir bien peu à sa disposition : on lit, dans un compte rendu, le 16 juin i568, par son barbier, Ruy Diaz de Quintanilla, l'article suivant : « J'ai prêté à Son Altesse » deux cents écusd'or; je lui en ai prêté cent, un soir, » qu'elle emporta, dans sa bourse, à l'appartement de la » reine notre maîtresse, pour jouer au clavo. Quand Son Al- » tesse descendit, sa bourse était vide ; elle la donna au comte » (deLerma) ou à don Rodrigo de Mendoza, afin qu'il me » la remit, et que, dans la matinée du jour suivant, je lui » apportasse cent autres écus d'or, sans faute. Je me lespro- » curai, et les lui donnai en présence des gentilshommes de » sa chambre. Ces derniers cent écus sont ceux que Son Al- » tesse avait en sa bourse au temps de son arrestation, » comme Ruy Gomez et d'autres le savent 3.
Au mois de décembre, arriva à Madrid un gentilhomme du duc de Bavière , Albert le Magnanime, chargé d'inviter le roi et le prince d'Espagne aux noces du prince Guillaume, fils aîné du duc, avec Renée, fille du duc dé Lorraine*. Don Carlos, en s'excusant, dans une lettre courtoise, de se rendre
1. « Avia llegado ya de Sevilla Garci Alvares Osorio, su guarda-
joyas i guardarropa, con ciento i cincuenta mil escudos de los seisclentos mil que le àvia enbiado .i buscar i proveer;... i la resta le remitirian en polizas en saliendo de la corte. » (Liv. Vil, chap. xxii, p. 474.)
2. « On luy a trouvé seulement trois mil escuz d*or et un nombre de désirez de Portugal. Voylà tout son trésor. » (Lettre de Fourquevanlx, du 5 février 1568.)