‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 268 sur 358 · Lettre de l'archevêque de Rossafio, du 24 janvier · texte numérisé non relu

Lettre de l'archevêque de Rossafio, du 24 janvier

» depuis lors confirmé cette opinion ; que Sa Majesté avait » longtemps dissimulé, espérant que Tàge amènerait de » Tamendement dans la conduite du prince, mais que le » contraire était arrivé, et qu'elle avait perdu tout espoir » d'avoir jamais en lui un successeur digne de gouverner » tant de royaumes et d'États ; que, par ces motifs, après de » mûres délibérations, elle avait résolu de le loger dans une » chambre du palais, où il serait servi et traité en prince de » bonne maison, mais si soigneusement gardé, qu'il ne » pourrait faire de mal à personne, ni s'échapper et fuir » hors d'Espagne, comme il en avait le projet *. »

A Cavalli, Ruy Gomez déclara, en lui délivrant la lettre du roi pour le doge, que, quoique Sa Majesté y rendît compte à la Seigneurie de ce qui était arrivé, elle avait voulu qu'il en fut informé aussi. Il lui annonça alors la détention du prince, et il saisit cette occasion pour démentir le bruit, qu'on avait répandu, de desseins formés par don Carlos contre la vie de son père : c'était, Tassura-t-il, d'autres raisons, et de bien graves, qui avaient déterminé le roi à une teUe rigueur contre son propre sang et son fils unique ; il avait eu égard surtout au service de Dieu, à la tranquillité et à la sûreté des peuples commis à ses soins *.

Le langage du prince d'Eboli au doyen Mann ^, ambassadeur d'Angleterre, assez conforme à celui qu'il avait tenu aux deux autres diplomates quant aux griefs que le roi avait

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