‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 267 sur 358 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

lieutenant aux Pays-Bas de ne point divulguer la fin qu'il se proposait par la mesure qui venait d'être mise à exécution, et de n'excéder en rien, dans ses discours, le contenu de la lettre française *.

Philippe II, lorsque les lettres destinées aux cours étrangères furent prêtes, donna Tordre à ses ministres de notifier l'arrestation de don Carlos aux principaux ambassadeurs qui résidaient à Madrid.

Le 24 janvier, le président d'Espinosa dit à Tarchevêque de Rossano que, en arrêtant son fils, le roi avait voulu avoir plus d'égard au service de Dieu, à la conservation de la religion et de ses royaumes et vassaux, qu'à sa diair et à son sang propres ; que, s'il avait agi autrement, il aurait méconnu les bienfaits dont' il était redevable chaque jour à la bonté divine. Le nonce lui demanda s*il était vrai, comme le bruit en courait dans toute la ville, que le prince eut eu le dessein d'attenter à la vie de son père : Espinosa répon^ dit que c'eût été le moins, car, si la vie du roi eût seule élé en péril, il aurait su la préserver, mais que les choses auxquelles il avait cherché inutilement à remédier par toute sorte de moyens, depuis deux ans, étaient pires encore, si c'était possible ^.

Ce fut Rqy Gomez qui parla aux ambassadeurs de France, de Venise et d'Angleterre. Le prince d'Eboli dit à Fourquevaulx que, depuis plus de trois ans, le roi s'apercevait bien que don Cnrlos « était encore plus mal composé de son cer- ») veau que de sa personne, et qu'il n'aurait jamais l'enten- ») dément bien rassis; que ses actions journalières avaient

1. Lellre du 23 janvier 1568, dans les Appendieett de notre première édition.

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