‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 270 sur 358 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

contre son fils, en différa sur un point important : Ruy Gomez donna à entendre au représentant de la reine Elisabeth que la détention du prince ne serait que temporaire ; qu'elle cesserait quand il se serait amendé. Mann lui répondit que sa maîtresse partagerait certainement la douleur que causait à un si bon roi la conduite de son fils ; que, dans son opinion à lui, le roi avait agi prudemment en séquestrant le prince : car, s'il ne l'avait pas fait, il aurait pu arriver que . des troubles éclatassent dans plusieurs des provinces de la monarchie. Ces paroles plurent beaucoup au ministre de Philippe II ; il repartit à l'ambassadeur : « Je vous con- » fierai que jamais je n'eus affaire à quelqu'un de plus » désordonné, de plus violent, de moins sociable que le » prince, et qu'il était grand temps de réprimer ses

» excès *

Dans toutes ces communications, verbales ou écrites, faites par Philippe II aux puissances étrangères et à ses propres royaumes, il y a une chose dont il est impossible de n'être pas frappé : c'est le soin avec lequel il évite de s'expliquer sur les motifs déterminants qu'il a eus d'arrêter et de ren- / fermer son fils. Des causes pressantes et impérieuses, le bien de ses États, ses devoirs envers Dieu et envers ses peuples, voilà les paroles vagues dont il se sert pour justifier, aux yeux des princes de TEurope ainsi que de la nation espagnole, une mesure d'une si haute gravité. A la reine douairière de Portugal, à l'empereur, au pape, avec lesquels il a des rapports intimes de parenté ou de politique, on pourrait croire qu'il va en apprendre davantage : il se borne à leur (lire que le prince est allé si loin dans ses déportements, qu'il n'a pu se dispenser d'agir envers lui comme il l'a fait. Seules

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