‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 271 sur 358 · Leltre de Mann au secrétaire Gecyll^ du S8 janvier · texte numérisé non relu

Leltre de Mann au secrétaire Gecyll^ du S8 janvier

390 DOxN CARLOS ET PHILIPPE II

les lettres adressées à l'impéralrice et au duc d'Albe (en espagnol) soulèvent un coin du voile dont Philippe veut que les derniùies actions de son fils restent enveloppées , et si on les lit attentivement, si on les rapproche de celles où il assure que le prince n'a point machiné contre sa personne, (u'il ne s'est rendu coupable d* offense ni d'irrévérence envers lui, nous croyons qu'on demeurera convaincu que le projet de fuite de don Carlos, tel que nous l'avons rapporté, fut la cause réelle, immédiate de son arrestation. Les communications ultérieures du roi aux monarques étrangers, dont nous rendrons compte dan§ le chapitre suivant, ne seront point en opposition avec cette conjecture.

Philippe II ne s'exprime pas avec moins de réserve et d'obscurité, sur ses intentions à Tégard de son fils, que sur les faits qui l'ont obligé de le priver de sa liberté. On eq peut toutefois deviner quelque chose par ce qu'il marque à la reine de Portugal : que la réclusion de doq Carlos n'a pas pour but un châtiment temporaire ; qu'elle n'a pas été adoptée non plus comme moyen d'amendement et avec l'espoir que le naturel désordonné du prince se réformera ainsi ; que cette affaire a un tout autre principe et exige des remèdes tout différents.

Selon nous, les intentions de Philippe ne sauraient faire \ l'objet d'un doute : il était décidé à exclure son fils de la ' succession à la couronne, et à le tenir renfermé pour le reste de ses jours ^ Nous attachons peu d'importance au langage du prince d'Eboli parlant à l'ambassadeur d'Angleterre, si tant est quç ce diplomate Tait traduit exactement dans ses

i. C'est co que l*archevêque do Rossano écrivait le 4 février 1568 : « Si » lien per fermo qae priraranno il principe deila saccessione, et noD lo » iiberanno mai. »

Page 1