CHAPITRE XIV
concertées. Ceux qui les ont écrites expriment tous la peine qu'ils ont ressentie de Tarrestation du prince, mais aucun d'eux ne doute que le roi n'ait eu de justes motifs de prendre la détermination qu'il a prise ^
Les réponses des évéques et des supérieurs des ordres religieux manquent dans les Archives de Simancas. Nous n'y avons pas rencontré non plus celles des villes de Castille, Un historiographe de Philippe IV, qui avait eu connaissance de plusieurs de ces dernières, en cite une seule — elle est de la ville de Murcie, — qui fut tout particulièrement agréable au roi ; PhiHppe II en effet y mit, de sa main,
1. Arch. de Simancas^ Estado^ leg. â018, 28^ livre de Bersoza, fol. 193-195,
Dans la première édition de cet ouvrage, j'ai dit que, seul, le connétable de Castille (Ifiigo Fernandez de Velasco) paraissait s'être exprimé en des termes qui avaient déplu au roi; je Tai dit d'après une lettre de Tambassadeur Fourquevaulx à Catherine de Médiais, du 18 février 1568, où l'on lit : « L'on parle que le connestable de Castille a desgorgé quelques propos » sur ladicte prinse, disant qu'il y debvoit et doibt estre appelé comme le » premier des grands qui ont juré le prince pour héritier et succeseur de » ce royaume. » Je ne connaissais pas la réponse du connétable, que j'avais vainement cherchée aux Archives de Simancas.
Depuis, M. Kunstmann, professeur à Tuniversité de Munich, a bien voulu me communiquer cette réponse, dont il a trouvé une copie à la bibliothèque de Jésus, à Lisbonne, et, comme on va le voir, elle n'est pas moins humble que celle des autres grands. En voici le texte :
« Por una carta de Yuestra Magestad, he enlendido la determinacion que Vueslra Magestad ha tomado acerca de la custodia y guardia del principe nuestro senor, y hdme dado mayor pena quanto mas tengo en • tendido con quanto miramiento y consejo V. M. se détermina generalmente en todas las cosas, quanlo mas en esta tan ar^ua y de tan gran momento. Yo fuera luego a besar las manos de V, M., y representarle este tan gran sentimiento y pesar, y a ver si avia alguna cosa en que poder yo servir, y élo dejado, por parecerme que sirvo mas en este. Ruego a Dios lo guie todo de manera qu'él sea servido, y V. M, quede muy contenlo, sus reynos y vasallos salgamos del trabajo y tristeza en que este negocip nos ha puesto. Yo no tengo que ofrecer, pues lo que tengo y soy es de v. M.; y con todo tengo de servillo como lo bizieron mi^ padre y abuelQ| y espero en Dios que 1q harân mis bijos, »
rapostille suixante : « Cette lettre est écrite avec sagesse el » prudence •. t L'épilre de ïayunlamienlo deMurcieaété donnée dans l'édition française de Llorenle * ; c'est poiir- ({uoi nous nous abstenons de l'insérer ici ;nous dirons seulement <[u'elle est pleine d'obséquiosité et de servilisme. Du reste, le tenî|)s n'éiait plus où les communes de Castille faisaient entendre à leurs souverains un langage indépendant, et l'on ne devait guère, surtout après les recommandations si expresses faites par le roi aux corrégidors, attendre autre chose (relies que des paroles d'approbation.
L'impression «juc produisit sur les autorités des royaumes d'Aragon et de Valence et de la principauté de Catalogne la conununication du roi, ne nous est connue que par ce que nous en trouvons dans des correspondances diplomatiques. . D*après les lettres des ambassadeurs de Venise et de France, les provinces qui dé|>endaient de la couronne d'Aragon envoyèrent des députés à Madrid pour demander des explications sur Tomprisonnement du prince, démarche qui fut fort mal accueillie du roi 3. Suivant un rapport de l'ambassadeur de Florence, le conseil d'Aragon déclara qu'il n'avait
1 . « He Visio mâchas respuestas de ciudades y de ios grandes d» Espajîa. Uaa de las cartas fué de la ciadad de Marcia, que de la mano del rcy ténia puesias on la mârgen estas palabras : « Esta caria esta esciita » cuerda y prudentemente. » (GiL Gonçalez d*Avila, Teatro de la$ 'gratidezas de la villa de Maiïrid, 1653, in-fol., p. 142.)