‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 288 sur 358 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

d'Espagne, et qu'on avait reconnu alors que tôt ou tard le roi son père serait obligé, pour son bien, de le châtier rigou* reusement ^ Il ne faut pas perdre de vue qu'à la cour de France la détention de don Carlos excitait peu de sympathie; qu'on s'y réjouissait même, en secret, du malheur de ce prince, car il ouvrait à la descendance d'Elisabeth de Valois les voies à un trône regardé à cette époque comme le premier du monde.

Catherine de Médicis, néanmoins, écrivit à son gendre, pour lui exprimer le chagrin que le roi Charles et elle éprouvaient de ce qu'il avait été forcé de faire à l'égard de son fils, et l'espoir que, Tàge venant à corriger les indinations vicieuses du jeune prince, il lui rendrait sa bienveillance-. Dans ses dépêches à Fourquevaulx elle fit parade des mêmes sentiments, et Charles IX l'imita : « Je vous ï> assure, disait-elle à l'ambassadeur, que je suis autant * marrie de Temprisonnement du prince d'Espaigne, que je » sçay que le roy mon beau-fils en sera travaillé, et que le » faictest estrange ^. » — « Vous pouvez penser, écrivait le » roi, si j'ay eu un grand desplaisir de ce qui en est passé, » estant le faict si estrange que je ne puis que plaindre » grandement ceux à qui il touche ; et seray très-aise quand » le tout se pourra accommoder * ».

i. a Y sé que ha dicho esta rcyna que en el concilio de Trente, y

cJe.spués en Roma, se platicô y entendiô de que V. M. havia de venir â dar esta rigurosa reprehension à S. A. por mucho bien suyo, y que tarde 6 temprano no podia escusarla, por la dureza que se entendia de su condicion natural » (Lettre d'Alava à Philippe II, du 16 février 1568.)

2. « Aunque esperamos que' con la madureza de la edad lodo se

podrâ tambien madurar y accomodar » (Lettre du 4 mars 1568 , tra-

cluction espagnole : Arch. de l'Empire, à Paris , collection de Simancas/ B 22 106.)

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