CHAPITRE XIV 41S
Nous reproduisons ici la relation, que don Francés d'Alava envoya à Madrid, de l'audience qui lui avait été donnée par Charles IX et Catherine de Médicis. Mais les dépèches du roi et de la reine-mère de France au seigneur de Fourquevaulx nous apprennent que le diplomate espagnol ne disait pas toute la vérité à son maître, ou qu'il s'était abusé sur l'accueil qu'il avait reçu d'eux ; Catherine écrit à Fourquevaulx : a Je ne puis aulcunement me contenter de la façon dont » l'ambassadeur don Francez d'Alava nous est venu parler, » car il me semble que le roy mon beau-fils désire, comme » il a toujours fait, me communiquer privément ses affaires, » et me semble que ledict ambassadeur en faict très-mal son » debvoir : car la royne ma fille m'avoit mandé qu'il » m'en devoit parler de la part de sondict maistre, et qu'il » en estoit chargé bien expressément ; mais, au lieu de ce » faire, il nous en a parlé si froidement, que j'en suis très- » mal satisfaicte, et vous prie le faire entendre à ladicte » royne ma fille *. » Charles lui mande : « Je donnay au- » dience à l'ambassadeur, estimant qu'il me deust discourir » particulièrement sur le faict du prince ; mais- icelluy ne » feict aulcun semblant de nous en parler, jusques à ce qu'il » cogneust, par quelques propos que je' luy mis en avant, » que j'avois estéadverti dudict faict, tellement qu'il eom- » mença à nous en dire quelque chose ; mais ce fut de façon » que je connus bien qu'il n'avoit pas grand'envie de mor- » dre à la grappe et entrer dedans, car il nous dict seulement » que c'estoient choses entre le père et le fils, lesquelles ne
tencion do Su Alteza havia sido porque no havia querido confessar ni comulgar el dia de Navidad, y otras cosillas deste jaez de fee, y déterminacion que ténia Su Âlleza de yrse a cierta parte , executàndo primero una cosa que no se ha aun enlendido quai sea..... p (Lettre d'Alava, du 16 février. ) 1. Lettre du 13 février loGS.
iU DON CARLOS ET PHILIPPE 11
» pnssoroionloulln», ot qui estoîent bien aisées à appaiser.... » il m*:) semblé (|ue lodirt ambassadeur ne me dtnoit ainsy )> faire le froid d'une chose qu*il eonnoissoit bien que je » sçavois.... *. »
Pliilipjxî II n'approuva pas que son ambassadeur eût tardé à délivrer ses lettres au roi et à la reine mère, el il le lui fit savoir : « Du reste, — ajouta-t-11 — il n'y a eu et il » n'y a, dans l'affaire du prince, rien de plus à leur dire que » re que vous leur avez dit, vos paroles ayant été conformes » à la vérité * ». * .
Quelques jours après l'audience qu^Alava avait eue de Leurs Majestés Très-Chrétiennes, le cardinal de Lorraine lui confia, sous le sceau du secret, une particularité qu'il avait apprise do la reine mère : c'était que don Carlos était enragé, ({u'il se mordait et qu'il poussait des cris de se voir en prison, réi)ondant à ceux qui lui demandaient poui*quoi il agissait ainsi, que cette rage dont il souffrait en était la cause*. D'où pouvaient venir à Catherine de Médicis des renseignements aussi absurdes? Nous n'en trouvons nulle trace dans les dépêches de l'ambassadeur de France à Madrid. La reine avait tenu d'autres propos encore : elle avait dit qu'au concile de Trente, et depuis à Uome, il avait été parlé du prince
i. Lettre du 13 février 1568.
S. « No ha havido ni ay otra particularidad qae les podais daiir,
mas do lo que al principio les dixisteis, porque aquelio fué el hecho de la
vcrdad » (Dépêche du 19 mars 1568, aux Archives de Simancas, Es-
tadOy no 1570 2°, Registro de carias de S, M, cseritas à Franeia y Fldn-
drs, fol. 82.) 3. a El cardenal de Lorrena,. ... en grande confianca, pidiéndome
que efi ninguna manera lo entendiesse esta reyna, me dixo que elia le havia dicho que Su AltQza rabiava y se mordia y cchava vozes de yerae preso, y d los que le dczian que porque hazia aquelio, arremetia d ollos, dineado
que porque ténia aquolla enfermedad de rabia » (Lettre d'Alava à Phi*
lippe II, du 23 février 1568 : Arch. de TEmpire, à Paris, eolleciion de Simancas, B 22 87.)