‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 308 sur 358 · CHAPITRE XIY · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIY

envoyer à Madrid; il ne pouvait montrer d'une façon plus significative l'importance qu'il y attachait. Il donna avis de sa détermination au roi Philippe par la lettré autographe suivante :

« Sire, la lettre de Votre Altesse que m'a apportée ce courrier m'a fait éprouver la même satisfaction que je ressens ordinairement de toutes les siennes. Je n'ai pu cependant ma décider qu*aujourd*hui sur la réponse que j'y donnerais : car, considérant quelques raisons qui ont mù Votre Altesse dans la détermination qu'elle a prise à l'égard de son fils, et l'intention qu'elle parait avoir de ne pas s'arrêter làj et la peine qu'il semble que cela doive lui causer , j'en ai eu tant de chagrin que, je l'assure à Votre Altesse ^ je voudrais me mettre à l'instant même en chemin pour aller la voir et m'en entretenir longuement avec elle. Malheureusement les occupations que j'ai, et le mauvais état où sont toutes les affaires d'ici, lié me permettent pas de m'éloigner sans de notables inconvénients ; ma présence à Vienne est d'ailleurs nécessaire pour les affaires des Pays-Bas, dans lesquelles^ comme dans toutes , je désire êlr*e utile à Votre Altesse. J'ai en donséqûènce résolu de lui envoyer^ en mon nota, mon frérfe Charles, qui est ma chair et mon sang, et qui, quoique jeune*, s'acquittera bien de ce dont je lé chargerai. Il m'a panique je ne pouvais faire moins pour remplir meâ obligations en^vers Votre Altesse et envers moi-même. Je n'occasionnerai aùcUh déplaisir à Votre Altesse, car mon but n'est que de la servir ; c'est pourquoi j'ai persisté dans mon dessein malgré les objections pressantes de Chanlonay et de Luis Venegas. Comme mon frère partira sous peu de jours, je m'en rèïïiêts à ée que j'écrirai par lui touchant les mariages de France

i. Il avait alors vingt-huit ans, étant né en i640.

iSi DON CARLOS ET PHILIPPE II

(M (le lN)rtnjral , suppliant Votre Altesse de s'employer afin «inol'iin et Tautiv se suspendent jusqu'alors... Devienne, le 27 juill*'!.

» Bon frère de Votre Altesse,

R Maxibhurn. ^»

Lo départ de rarchiduc no put s'effectuer aussitôt j^ue l'annoneait cette lettre. Il était enfin fixé au 4 septembre : queUpie^ jours auparavant, on reçut à Vienne la nouvelle de la mort de don Carlos s. Cet événement dérangeait les combinaisons de la rour impériale; mais il ne lui faisait que plus sentir Timportance de se concerter avec le roi d'Espaf^no pour rétablissement des arcbiduchesses Anne et Elisabeth. Maximilien, d'ailleurs, avait d'autres et de très-graves questions à discuter avec son beau-frère. L'Allemagne entière était révoltée contre les actes arbitraires et les exécutions sanglantes dont le duc d*Albe donnait le spectacle dans les Pavs-Bas : les électeurs venaient de se réunir et de réclamer rintervenlioh de l'empereur , comme chef de la nation germani(iue, en faveur de ces malheureuses provinces ; ils avaient mis à sa disposition leurs fortunes, leurs vies, prêts à tout sacrifier pour la délivrance d'un pays aux intérêts duquel les liaient une commune origine et les Irans-

1. GeUe lettre, écrite en espagnol, est dans la Coleecion de doeumentos inèdiloSy etc., t. XXVII, p. 36.

2. « .... Alli 40 di qnesto doveva partire per Spagna l'arcidnca Carlo : ver6 si è ritardatala partita, e forse anderà. nulla, pprla naoYa,che porto raltro liieri solamente un corriere, dolla morte del principe di Spagna, la quale ù slata infinitamente sentita e pianta da molti , ma soprattatto dall' impératrice. Sua Maeslà si è subito ritirata due leghe discosto da Cfuivi, doye diccsi che starà tre giorni.... » (Lettre de l'envoyé de Savoie an dnc Em- . manuel -Philibert, écrite de Vienne, le 2 septembre 1568, aax Archives de cour et d'Étal, à Turin.)

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