‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 313 sur 358 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

• Oui, monseigneur, » répondit Ruy Gomez. Don Carlos fit venir Mendoza, et l'ayant pris dans ses bras ; « Don Ro- » drigp, lui dit-il, jç regrette de ne vous avoir pas témoigné, » par des actes, l'affection que je vous porte et que j'aurai » toujours pour vous. Plaise à Dieu que je sois un jour en j situation de pouvoir vous en donner des n^arques! » Alors , les yeux remplis de larmes , il l'étreignit dp façon qu'on eut beaucoup de peine à l'en séparer. Il n'y avait que peu de mois que don Kodrigo de Mendoza était attaché à sa personne; mais il avait reconnu dans ce jeune gentilhomme de la noblesse d'àme , de la courtoisie , une intelligence élevée, et il avait conçu une vive estime pour Ipi *.

Dans le même temps qu'il reléguait son fils en une tour du palais, Philippe II licenciait sa maison et disposait des chevaux de son écurie 2. Une partie de ses officiers , es gentilshommes de la bouche notamment , ainsi que Martin de Gazteliï, son secrétaire, passèrent au service du roi 3.

Ces mesures ne pouvaient guère laisser de doute à don Carlos sur le sort qui lui était réservé. L'infortuné jeune homme s'abandonna au désespoir et résolut de mourir, disant qu'un prince outragé et déshonoré ne devait plus vivre '*, Comme il n'avait point d'armes ni aucun instrument à l'aide duquel il eut le moyen de se donner la mort ,

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