‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 323 sur 358 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

» a pas défaut de jugement dans la personne du prince, j'ai » cru devoir faire connaître à Votre Altesse la manière dont » les choses se sont passées, et le motif qui m'a déterminé, » afin qu'elle en soit;instruite et en puisse instruire l'empe- » reur. Vos Altesses considéreront que c'est là une question » de temps; qu'il y a des moments où Tesprit est plus sain » que dans d'autres,, et quelles imperfections de ce genre )) doivent être envisagées d'une manière toute différente re- » lativement à ce qui touche le gouvernement et les actions » publiques, ou au point de vue des actes personnels et de » la vie privée : car il peut très-bien se faire qu'on soit en- » tièrement incapable des premiers , et que dans les autres » on se conduise d'une manière passable et tolérable. Vos » Altesses comprendront donc que cet acte particulier n'est » pas en opposition avec le défaut d'entendement que, pour » mes péchés, Dieu a permis qu'il y ait en mon fils *. » Philippe transmit des explications semblables à son ambassadeur à Rome, en le chargeant de les communiquer au saintpère , si Pie V , qui serait indubitablement informé par son nonce de ce qui venait d'arriver , croyait devoir Fen entretenir : son intention était, du reste, que don Juan de Zùniga

1. « Porqiie algunos han querido inferiry hacer argumenio deslo, que en laporsona del principe no hay defecto en el juicio,... he querido advenir â V. Â. de como esto ha pasado, y del fin que en eUo se ha tenido, para que lo sepa y pueda deeir al emperador, y que juntamente consideren VV. AA. que esta es materia que liene tiempos, en algunos de los quales hay mas serenidad que en otros, y que asimismo es diferente cosa el tratar destos defectos en respecte de lo que toca al govierno y acciones pùblicas, ô en quanto â los aclos y cosas personales y de la vida particular : que puede muy bien eslar que para lo uno sea uno enteramente defectuoso, y en lo otro se pueda pasar y permitir, segun que VV. AA. lo podràn bien juzgar, y. de lo dicho, que no contradice este aclo parlicular al defecto de enlendimiento que, por mis peccados, ha permitido Nuestro Senor que buviese en mi hijo.... » (Lettre du i9 mai 1568.)

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gardât lo sil^nci» sur re sujet avec f^ute autre personne *. UansJo moment mémo où don Carlos annonçait, par sa conduite , un retour à de meilleurs sentiments et à des idées ])lus raisonnables, le roi acheva de licencier sa maison, et donna le reste de ses chevaux. Don Juan d'Autriche et les deux archiducs Rodolphe et Ernest eurent part à la distribution de ceux-ci *.

Leonardo de Nobili , dans une de ses dépêches à Côme de Médicis, raconte que don Carlos se faisait lire les ordonnances et les lois d'Espagne , à l'intelligence desquelles il s'appliquait avec ardeur ; il ajoute que don Carlos écrivait beaucoup de sa main, mais qu'il déchirait aussitôt ce qu'il avait écrit *. C'était dans les jours qui suivirent ceux où , grâce à la religion, quelque calme, quelque consolation, était entré dans l'àme dû malheureux prince : il semblait résigné alors à attendre patiemment ce qui serait décidé de son sort. Mais cette patience, cette résignation , fut de courte durée. Don Carlos voyait sa détention se prolonger , sans que rien lui fit concevoir Tespérance qu'elle dut avoir un terme : les pressentiments sinistres qu'il avait eus dès le principe re-

1. Lettre du 13 mai V\6S. (Arch. do Simancas, Estado, leg. 906.)

2. Fourqiicvaulx écrivait, le 6 avril, que le roi « estoit après pour casser » et ronipro à pinl toute la maison da priDce. » — GayaUi, le 13 atril : ï) Si fini nltimamcnte di licentinr tutti li creati e famiglia dél principe ; e yy li snoi rnvalli, parte sono slati posli nella sialla del re, e alenni donati » alli principi di Bohemia e a don Giovanne, o ne rono tochi aneor doi » belli a qnel d'Urbino. » — Tisnacq , le 21 avril : « S. H. entent licencier » aussy toute la reste de sa maison, et se sont distribuez les cbevanlx qa'il » avoit en son escnycryc. » — Enfin Marcautonio Sauli, le 30 avril : « A » tiiiti paro mal scpruo por lui se sarà licenliata tutta la sna famiglia» » como si dice, e Tiiavcr S. M. donati quasi tutti i cavalli del detto prin- >> ripe, c il rosto ritirato nella sua stalla propria. »

3. « ... Ha domandato cbo gli siano letti gli statnti c le leggi di Spagna, ne' qnali spende molto studio. Scrive assai di sua mano, e snbito serillt siracoia » (Lettre du 8 juin 1568.)

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