‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 328 sur 358 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

rarchevéque de Rossano un tel dédain des choses de la terre et un si grand désir des biens célestes, qu'il semblait que Dieu lui eut réservé pour ses derniers instants le comble de toutes les grâces *.

Il demanda la faveur devoir son père; mais le croirat-on ? Philippe II eut la dureté — ce mot n'est pas assez fort — ^ il eut la cruauté de répondre par un refus ; et non-seulement il refusa, mais il ne voulut permettre, ni à la reine, ni à la princesse dona Juana, ni à quelques serviteurs dévoués, de visiter le pauvre moribond; que dis-je? il ne lui fit pas même parvenir une parole de bienveillance s. Cabrera cherche à excuser Philippe, en rejetant son refus sur l'avis de fray Diego de Chaves et de l'ancien précepteur de don Carlos, Honora to Juan ^. C'est là une pitoyable justification. Observons d'abord qu'Honorato Juan était mort depuis deux années *. Quant à fray Diego de Chaves, il n'est question de cet avis qu'il aurait donné au roi, ni dans les lettres de l'ambassadeur de Venise, ni dans celles du nonce ; or, ce dernier n'eut certainement pas négligé de relever une circonstance pareille, car il prend le soin d'expliquer la conduite du roi : « Peut-être, dit-il, il considéra que, dans l'état déses-

1. a.... Mostrava perô lanto disprezzo délie cosedel mondo e tanlo desiderio délie celesti, che parue veramente che nostro signore Dio gli havcssu riservato il cumulo di tutle le gralie a quel punto... « (Lettre de rarchevéque de Rossano du 27 juillet 1568.)

â. oc ... In questo fine siè vedula una gran durezza, per no dir ci-udella, di Sua Maestà, la quai non solo lei no lo ha voluto vedere, ma no lasciar che la regina, princessa, overo al tri, vi vadino, ma solamente gli medici e gli ordinarii che lo servivano ; no li hafatto mai usar, per darli animo e per

consolarlo, parole dolce perla sua libérations » (Lettre de Cavalli du

24 juillet 1568.) — « ... 11 re no Tha visilato, ne lassato che la regina e \x principessa lo veggiano... » (Lettre de Tarchevêque de Rossano du 27 juillet. )

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