CHAPITRE XV
au monastère de Saint-Dominique. Toute l'église était tendue de draperies noires parsemées d'écussons aux armes royales qu'on avait brisées d'un lambel d'azur, en signe de la mort d'un héritier présomptif de la couronne. Au milieu s'élevait un baldaquin sous lequel était la représentation du corps, avec Testée, le sceptre royal et le collier de la Toison. Des bannières figurant Taïcul, Taïeule, le père et la mère de don Carlos, étaient suspendues aux quatre colonnes du baldaquin. 11 y avait, à chaque coin, un roi d'armes revêtu de sa cotte et un massier ayant le bâton d'argent en main. En avant du baldaquin étaient placés, sur des lances, le casque et la couronne royale ; un écusson aux armes de Castille se trouvait au-dessous. Enfin on avait disposé tout autour différentes bannières, parmi lesquelles étaient celles que le prince portait dans les tournois et les jeux de cannes, et qUi étaient à ses couleurs, blanche, noire et jaune. Les deux archiducs , le cardinal d'Espinosa , les ambassadeurs, les grands, les conseils, la cour, furent présents aux obsèques; la reine et la princesse dona Juana, accompagnées de leurs dames, assistèrent aux vêpres *. On remarqua qu'aucune oraison funèbre, aucun discours ne fut pi^enoncé ^. Les jours suivants, un service pour le repos de Tàme du prince fut célébré au nom de Vayuntamiento^. Dès le 24 juillet, un bando avait prescrit aux habitants de la capitale de se
1. QuiNTANA, l. c. — Lettre du le»* août 1568, contenant des avis secrets envoyés d'Espagne au State paper office, papiers d^talie.
Selon les a Avis secrets, » la reine et la princesse assistèrent aux vêpres dans le chœur de l'église; d'après Quintana, ce fut de Vintérieur du couvent qu'elles les entendirent.
3. « Notaron los que le vieron morir, que no se predicô en el dia de » sus lionras. » (GiL Gonçalez d'Avila, Teatro de las grandezas de Madrid, 1623, in-foi., p. 141.)