‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 337 sur 358 · Memoriai para a historia de Portugal, etô., t. DI, p · texte numérisé non relu

Memoriai para a historia de Portugal, etô., t. DI, p

CHAPITRK XV 479

Rome et Paris, Pie V et Catherine de Médicis, témoignèrent, par des démonstrations publiques, la part qu'ils pre^ naient à un événement dont les conséquences, quoique bien diverses pour eux, les intéressaient à un degré preacBK? égal. Heureux de savoir que don Carlos était mort en prin^ véritablement catholique *, Pie V lui fit faire des funéraffles dans sa chapelle, le 6 septembre, avec la même solennité qui avait été observée, sous Paul III, lors de celles du dauphin de France * ; il y assista, entouré du collège des cardinaux ^. Catherine de Médicis ne ge contenta point de se vêtir de deuil et de prescrire à s^ cour de suivre son exemple : par ses ordres, des obsèques qui durèrent plusieurs, jours furent célébrées pour le prince dont la fin prématurée frayait le chemin du trône aux enfants de sa fille*.

Ces démonstrations embari'assèrent plus qu'elles ne satisfirent les ambassadeurs d'Espagne dans les deux capitales. A Rome, don Juan de Zùniga ne rendit les derniers devoirs, à son tour, au fils unique de son souverain, que comme contraint et forcé par l'exemple du pape ^, et, dans

1. oc .... Su Santidad hôlgû de entender que el fin de S. A. huviesc sido de tan calulico principe.... » (Lettre de don Juaa de Zùniga à Philippe U, du 3 septembre 1568 : Arch. de Simancas, Eslado, leg. 908.)

2. « .... Dixomc que haria honras en su capilia, de la manera que se hicieron en ticmpo de Paulo lercio por cl delÔnde Francia.. . » (Ibid.)

3. Honraa hechas en Roma por la muerte del principe nuestro sefior, dans le 28^ livre de Bersoza, aux Archives de Simancas, KstadOf leg. 2018.

4. « .... A los XV se començaron las obsequias de Su Alteza, en las qualos se hallo esta reyna, y los duques de Anjù y Alençon.... La ceremonfa se hizo sin el nuncio y sin mi.... Mostrado ha esta reyna sentir mucho el no liaverme yo hallado en ella.... » (Lettre de don Francés d'AIava au duc d'Albe, du 19 septembre : Arch. de TEmpire, à Paris, collection de Simancas, B 22 *4o.)

La reine Klisabetii avait supplié sa mère de faire en sortie que toute l'Espagne sîit qu'elle (sa mère) avait appris avec regret la mort dû prince.

5. et .... Hacienilo Su Santidad honras, no me pareciô que podla yo escusar de hnzcrlas... » (Lettre du 3 septembre, déjà citée. "^

lo servico qui, à sa réquisition, eut lieu le 10 septembre à Saint-*Jacquos des Espagnols, il veilla à ce qu'aucune cpitaphe, aucune inscription ne rappelât le souvenir du prince des Asturics, à ce qu'il ne fut prononcé ni sermon ni oraison funèbre > ; il avait, par des voies détournées, obtenu qu'on s* en ab&iintôgalenient dans la cérémonie présidée par le souverain-pontife *. A Paris, don Francés d'Alava ne jugea pas ù propos même de se montrer à Téglise, à cô.té de la reine mère et des ducs d'Anjou et d'Alençôn *; il ne prît le deuil que longtemps après la cour de France, et sur les instructions formelles qui lui furent envoyées de Madrid *. La mort de don Carlos causa en Espagne une douleur universelle. 11 fut pleuré et par les grands et par le peuple. Les grands, qu'il avait toujours honorés, se flattaient que, sous son règne, ils regagneraient leur ancienne influence dans les affaires de TÉtat ^. Le peuple fondait sur lui Tes-

1. Jlunras hechas en Jiomay etc. — ZûQiga écrivait aa roi l6 3 septem* brc : u No havril epilapbio ni lelrero ni oracion ni sermon. »

± Il (lisait encore, dans celte lettre, à propos des fanérailles ordonnées par le pape : « Procuraré , por algnna via que no se entiendda que sale » de mi , que no Iiaya oracion ni sermon , porquo el ofic^o sea mas » brève. »

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