CHAPITRE XV 4b
L'opinion de M. Lafuentc, malgré le correctif qu'il y met, est peut-être empreinte encore de trop de sévérité. Quelqu'un qui connaissait bien don Carlos, qui avait été à même de lire dans les replis les plus cachés de son àme, son con-r fesseur, fray Diego de Chaves, peu de temps avant sa mort, entretenait le baroa de Di^trichsteih des imnis qui avaient couru sur les causes de son arrests^rt : il l'assura que ce prince était aussi bon catholique et aussfbonvaineu des vérités chrétiennes qu'on pouvait l'être, et que non-seulement il ne s'était pointrendu coupable d'une entreprise criminelle contre la vie de son père, mai^ encore l'idée seule d'un pareil attentat ne lui était jamais venue. Il ajouta que don Carlos avait sçs défauts, lesquels il ne voulait ni nier ni excuser, mais que, à son avis, on devait plutôt les attribuer à l'éducation trop libre qu'il avait reçue, à la dureté de cœur et à l'entêtement qui le caractérisaient, qu'à un manque de raison ; qu'il espérait que le châtiment qui lui était infligé lui servirait de cor^ rectio monim et de moyen de se connaître mieux lui-même; enfin que, si cela se réalisait comme lui, fray Diego de Chavcs, en avait la confiance, il était persuadé que don Carlos deviendrait un prince bon et vertueux : car, déjà maintenant, à côté de plusieurs vices, on remarquait en lui de belles qualités *. Il est à noter que le confesseur de don
1. « Der sein pcihlvater ist... der hat mier hoh nnd tewer affirmietet das ich ge>vislich glauben soll, so vili die Religion belrifft, das der printz ie und albeg ain so guetei* Catolicq, und da von so christlich gehalten ats imer ainer halten khunde. So hab er widejr seines valern person, wie man gesagt, nit allain nix tâtliches zue handein pretendierl, sundcr nit in sin genumen. Der printz hab seine mengel, die wol er nit vernainen noch entschuldigen; dieselbigen awer wurden mer verursaht das er in aller freiheit ôrtzogen, und aines erstorten herten gemuets und aigensunigj als dar er sunsten an vernunft ain mengel haben soll. Verhofift dise haimbsuchung und zihtigung die soll ain correction sein morum und das er sich selber das lerne erkhenen; do das, wic er gott traw, besclïelij hoff er das er ain
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Carlos, et pins lard de Philippe II, est ici d'accord avec un écrivain qui ne se pique pas toujours d'une exactitude scrupuleuse dans SOS récits, niais dont les observations sont pai^ fois frappantes de justesse : « Je crois — dit Brantôme — > qu*aprésq(ie ce prince eust bien getté sa gourme comme » ces jeunes |)oulains, et passé tous ses grands feux de pre- B niicre jeunesse, qu'il se fust rendu un très-grand prince » et homme de guerre et homme d*£stat *. »
En Espajïiu^ et hors d'Espagne, la mort de don Carlos donna lieu a beaucou|) de rumeurs ; il y eut une foule de gens à qui Ton ne put persuader qu'elle avait été naturelle ^. Plus tard, des écrivains, s'emparant de ces bruits po-
tiiynitsaincr yueler furst sein wêrde, dan, ob er schon etlicb nntDg8nt,80 liab cr beinebi'ii gar gruso tugontMi. » (Loltre do Dietrichsteia à Maximilion II, (lu ^ avril 1568.)
Nuus suivons, dans cet extrait, la copie,' faite sur Toriginaly qui nous a été communi(|uée par la direction des Archives impériales, à Vienne. Le texte reproduit par M. Koch [Quellcn, etc., p. 214) offre qoel^e différence; le passage que nous donnons en italique y manque .