‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 41 sur 358 · Vandenesse · texte numérisé non relu

Vandenesse

. 4. De Reiffenberg, Histoire de la Toison d'or, pp. 419 et 482. — Dans le tome XXVll de la Coleccion de documentos inéditos^ p. 227, est le reçu, donné par don Carlos, le 24 septembre 1559, du collier et du livre des statuts de la Toison d'or.

et charmât ses yeux. La cérémonie fut ûxée au dimanche 8 octobre. Elle eut lieu, comme la précédente, sur la grand'place de Valladolid.

C'était le premier auto-da-fé auquel Philippe II assistât : les plus grands préparatifs furent faits afin de l'environner d'une solennité et d'un apparat extraordinaires; on imagina, notamment, de construire pour les condamnés un échafaud disposé de façon qu'ils pussent être vus de toutes les parties de la grand'place et des rues qui y aboutissaient. Aujourd'hui que les sentiments d'humanité et de tolérance ont pénétré dans les masses aussi bien que dans les classes supérieures de la société, on a de la peine à comprendre Taffluence de curieux qu'attira, des divers points de la Castille, ce spectacle abominable; des témoins oculaires « n'en évaluent pas le nombre à moins de deux cent mille. Le roi s'y rendit, accompagné de la princesse sa sœur, de don Carlos, du prince de Parme Alexandre Farnêse, et d'une suite nombreuse où l'on remarquait les ambassadeurs de France, plusieurs évêques, le connétable et l'amiral de Castille, les ducs de Néjera et d'Arcos, les marquis de Dénia et d'Astorga, les comtes d'Uruena, de Benavente, de Buendia, etc.

Le sermon fut prêché par don Juan Maquel, évêque de Zamora; ensuite il fut donné lecture, selon l'usage, des sentences des condamnés. Cela fait, le cardinal-archevêque de Séville, don Fernando de Valdès, inquisiteur général, se tournant vers le roi, lui dit : Domine, adjuva nos. Philippe se leva, et tira son épée en signe de la volonté qu'il avait de s'en servir pour la défense du saint-office. L'archevêque

1. Vande>esse, dans son Journal manuscrit des voyages de Charles V et de Pt\ilippe II, et Diego de Simangâs, secrétaire à cette époque du saint-» office, qui a laissé une description de l'auto-da-fé du 8 octobre 1559, citée par M. de Castro dans son Historia de los protestantes esputfloles, p. 176.

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