CHAPITRE III
d'hôtel, et suivi des ducs d'fescalona, de Nàjera, de Villafranea, de Tamiral de Castille et d'une foule d'autres personnages de distinction, alla trouver Elisabeth, qui l'attendait avec la princesse dona Juana : il était, dit une relation écrite par un témoin oculaire, « accoustré d'un pourpoint blanc, » avec une robe de velours cramoisi violet; » Elisabeth avait une robe de toile d'argent; elle était coiffée d'un chapcr ron à la mode de France , bordé de grosses perles et de pierres précieuses en forme de couronne, et portait un magnifique collier de pierreries. Dès que le roi fut auprès d'çlle, il l'embrassa. Elisabeth donna sa main a baiser aux seigneurs espagnols, tandis que les dames de sa suite étaient présentées au roi. Ces formalités terminées, toute la cour se dirigea vers la chapelle, où la messe fut célébrée et la bénédiction donnée au couple royal par le cardinal-archevêque de Burgos. Une réflexion du secrétaire Courtewille, qui était présent, mérite d'être rapportée ici: « lime semble, écrivit-il » au président Viglius, les partyes se contentent et se con- » tenteront fort bien l'une de l'autre. Les signalz qui me » le font dire auriont meilleure grâce de bouche que par » escrit *. » Don Carlos, toujours travaillé par la fièvre, ne put assister au mariage de son père.
Après la cérémonie, le roi, la reine et la princesse dona Juana dînèrent en public, a la même table. Le soir il y eut .bal au palais; mais, à dix heures, tout le monde se retira. Le premier février, le prince de la Roche-sur- Yon remit à Philippe, de la part du roi de France, le collier de l'ordre de Saint-Michel. Le lendemain, des courses de taureaux et des jeux de cannes furent donnés en l'honneur des seigneurs et des dames qui avaient accompagné la reine ^.